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Yunnan, Chine
Adong village, Shenqping Town, deqin county Diging Tibetan Autonomous Prefecture Yunnan
674499 Shenqping Town
Chine
+33 (0)557 247 139
Crée en 2012 après quatre ans de recherche et après avoir exploré 4000 hectares pour détecter les meilleurs terroirs à la frontière tibétaine sur les contreforts de l’Himalaya, Ao Yun est né de l’audace du groupe Moët Hennessy, filiale du groupe LVMH. Dès le départ, l’objectif est très ambitieux : sur 30 hectares, soit 314 parcelles distinctes, produire un vin chinois de classe mondiale jamais produit jusqu’à maintenant, dans un décor montagneux inédit et à couper le souffle, à 2600 mètres d’altitude. En moins d’une décennie, le pari est gagné avec des vins – reconnus comme parmi les meilleurs au monde - qui se sentent pousser des ailes, ou devrions-nous dire, des vins qui « volent au-dessus des nuages » selon le sens littéral et la définition intrinsèques d’Ao Yun.
Plus qu’un vin devenu mythique en l’espace seulement de deux millésimes (2013 et 2014), Ao Yun est d’abord l’histoire d’un domaine crée ex-nihilo avec beaucoup d’ambitions, de moyens techniques, de moyens humains et d’un savoir-faire français conjugué aux ressources humaines locales chinoises et tibétaines. Pourquoi Ao Yun ? Le nom signifie "voler au-dessus des nuages" en référence aux épais nuages qui se posent au-dessus des chaînes montagneuses et c’est peu dire quand on se rend compte de sa situation géographique et environnementale : la région reculée de Shangri-La, au nord-est de la province chinoise du Yunnan. Rappel des faits : le projet, initié en 2008-2009 par le groupe Moët Hennessy (groupe LVMH), entend créer un vin d’exception jamais produit jusque là en Chine, dans un environnement totalement inédit et époustouflant. Mais pour y parvenir, se met alors en place une recherche détaillée des terres idéales pour la culture de la vigne. Et pour identifier Le Terroir, c’est un winemaker australien, Tony Jordan qui va s’y coller à la demande de LVMH. Mais les débuts de la quête du Graal se montrent assez poussifs voire difficiles car le premier constat est que les deux grands climats qu’offre la Chine en matière de viticulture sont assez peu adaptés. En effet, le sud est trop humide, le nord et le centre de la Chine sont quant à eux trop rigoureux en hiver. Quant aux étés, ils sont trop chauds et peuvent poser de gros problème pour atteindre l’acidité dans les vins garants de fraîcheur et de longévité. Tony Jordan décide alors de se mettre plus en quête de « microclimats ». Et c’est là qu’il fait la découverte d’une zone, à première vue totalement inédite pour la vigne mais finalement propice au projet de faire le plus grand vin de Chine : le nord de la région viticole du Yunnan, autrement dit à la frontière du Tibet. Bilan de l’opération, après quatre ans d’exploration et avoir passé en revue plus de 4000 hectares, l’équipe de Moët Hennessy choisi une série de vignobles à Yunnan situés entre 2 200 et 2 600 mètres d’altitude, dans une région très peu exploitée pour la viticulture. Le terroir est marqué par un climat frais et une grande diversité de sols ; des facteurs idéals pour la culture de cépages français à commencer par le Cabernet Sauvignon. Les autorités chinoises avaient d’ailleurs, dans les années 2000, encouragé la plantation de Cabernet Franc et de Cabernet Sauvignon, dont une partie entre dans le domaine Ao Yun.
Cette aventure d’une viticulture de l’extrême (« extrême » car dans un lieu sauvage et très contraignant avec son air très sec et son oxygène au plus bas pour les hommes comme pour les différentes phases d’élaboration des vins), sous la responsabilité de Maxence Dulou (âgé de 49 ans et directeur du domaine Ao Yun qui s’est installé avec sa femme sur place) visait à célébrer l'harmonie entre l'homme et la nature, selon les dires des instigateurs du projet. En collaboration avec les communautés locales tibétaines, Ao Yun a donc intégré des pratiques agricoles traditionnelles à des techniques plus modernes de viticulture, tout en respectant l'environnement montagneux unique. C’est donc en 2013 que né le premier millésime d’Ao Yun, un vin ambitieux issu de 90% de Cabernet Sauvignon et de 10% de Cabernet Franc.
Pour comprendre le choix de Moët Hennessy à vouloir investir la Chine et les sommets tibétains pour son aventure viticole audacieuse sur les rives du Mékong, peut-être est-il utile de rappeler brièvement l’histoire de la culture de la vigne sur le territoire chinois. Si le vignoble chinois se classe actuellement au deuxième rang mondial et s’il nous avait jusqu’à l’arrivée d’Ao Yun présentait des vins de niveau plus ou moins fiable (avec souvent l’impression de vins moyens), force est de constater que la viticulture chinoise, bien qu’assez récente, en comparaison avec l’historicité d’autres régions viticoles dans le monde, s’est très vite accommodée de la vigne. Ce n’est pas un hasard si le groupe LVMH a choisi d’implanter le domaine et ses 30 hectares dans ce lieu incroyable, au milieu de ravins plutôt vertigineux. En effet, il faut rappeler que 30 hectares avaient été déjà plantés en 2002, sur les contreforts de l’Himalaya, sous la montagne sacrée de Meili, à 2600 mètres d’altitude à l’initiative des autorités chinoises. Mais les premières vignes y furent plantées bien avant, par des prêtres des Missions étrangères de Paris en 1846, entre les fleuves du Mékong, de Salween et du Yangtze. Ces vignes furent malheureusement laissées en friches, à la suite de persécutions de 1905 jusqu’à la fin des années 1990. C’est là que l’on découvrit que ces vignes – qui couvraient la région du Yunnan – provenaient d’un cépage français (disparu aujourd’hui) mais dit-on réputé pour le vin de messe : le miel de rose.
Aujourd’hui, force est de constater que la superficie des vignobles qui sont situés au bord des trois fleuves couvre pas moins de 500 hectares. Mais c’est oublier que la Chine compte avant tout 10 grandes régions viticoles dont une bonne partie sert aux variétés de raisins de cuve dédiés exclusivement à l’élaboration de vin.
Pour LVMH, un engagement sur un bail de 30 ans avec les autorités chinoises et les 120 familles qui composent les quatre villages où le vignoble Ao Yun est implanté a été nécessaire pour pouvoir établir son domaine viticole. Mais c’est du gagnant-gagnant et les résultats ont très vite montré que le mariage entre l’Est et l’Ouest, entre deux cultures, fonctionne à merveille. La présence du groupe français sur ces terres viticoles a permis bien des investissements pour en faire profiter la vie locale et amener un certain confort qui n’existait pas avant. A commencer par l’incitation auprès des autorités locales pour goudronner les routes, apporter l’électricité 24h/24 et construire également des maisons pour mieux héberger les travailleurs et leurs familles (des Tibétains, des minorités chinoises et des Hans issus de la majorité chinoise) embauchées au domaine viticole.
Le vignoble de 30 hectares créé par la Winery Shangri-La (Moët Hennessy Estates & Wines), après avoir fait quatre ans de recherche pour trouver l’endroit le plus prometteur, est localisé près de la ville de Shangri-La, au cœur d’une vallée pour ainsi dire, enchanteresse, sur le site des Trois Rivières et des Parallèles ; site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Situé sur le 27ème parallèle nord, le climat est assez similaire à celui de Bordeaux, à savoir, aucune mousson grâce aux montagnes s’élevant jusqu’à 6800 mètres constituant un rempart naturel contre les pluies (alors que Bordeaux est assez humide malgré tout), des températures moyennes sans écart préjudiciable et surtout un air sec. C’était donc le lieu idéal, à une altitude oscillant entre 2200 et 2600 mètres, pour planter 30 hectares divisés en 314 parcelles. Ces parcelles sont toutes cultivées à la main, et chacune de manière différente. Une telle précision viticole, c’est unique au monde. Le vignoble est conduit en bio par 300 agriculteurs locaux occupant les villages en terrasse de Shinong, d’Adong, de Xidang et de Shuori. Il faut préciser que beaucoup de fermiers locaux, encouragés par les autorités locales, avaient d’ailleurs abandonné les cultures traditionnelles (orge, blé, maïs, etc.), 10 ans avant l’arrivée de ce projet de LVMH, pour se consacrer à 100% à la vigne car celle-ci s’avérant plus rémunératrice (jusqu’à 4 fois plus que ce que l’orge, le blé ou le maïs permettaient de leur faire gagner). Toutefois, les vins produits à cette époque ne permettaient pas une pénétration des marchés à l’international puisque vendus peu cher du fait d’une qualité intrinsèque moyenne et d’une expertise marketing peu efficiente. Inutile de dire que le projet ambitieux de Moët Hennessy en faisant d’Ao Yun le plus grand vin chinois et l’un des meilleurs vins au monde, vendu comme un grand cru de Bourgogne ou de Bordeaux ne pouvait que permettre plus de visibilité sur le marché européen et américain avec un produit ultra premium. Pour comprendre le prix élevé de ce vin, il faut juste songer au fait qu’AO Yun, comme le précise Maxence Dulou, exige pour chaque hectare travaillé, 3500 heures de travail par an, soit quatre fois plus que les plus grands vignobles du monde, d’où un prix de revente en conséquence : 300 euros la bouteille.
Au rayon des éléments qui facilitent la création d’un grand vin équilibré et d’excellente facture, le lieu : le vignoble oscille, comme précédemment évoqué, entre 2200 et 2600 mètres d’altitude. Dans de pareilles conditions, les cépages plantés (Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc) ne souffrent d’aucun risque de sur-maturité, donc d’éventuelle lourdeur dans les vins obtenus. La fraîcheur des raisins récoltés et l’équilibre des vins obtenus, on l’aura compris, c’est d’abord l’altitude qui les garantit.
Evidemment, ce contexte montagneux fait que les hivers et les étés sont un peu plus frais qu’à Bordeaux mais les printemps sont plus secs et ensoleillés comme à la fin de l’été. Un avantage considérable car les maladies comme le mildiou n’ont pas le temps de se développer car en cas de pluie, l’air sec à cette altitude sèche vite les vignes. Mais il y a des contraintes. Les pluies sont assez rares (pas plus de 200 à 300 mm par an), ce qui oblige ici à recourir à l’irrigation de la vigne (autorisée en Chine). L’irrigation est faite avec une eau de source qui provient des glaciers. Enfin, à cause de l’altitude, le taux d’oxygène est faible avec pour conséquences de devoir rajouter de l’oxygène car les vins évoluent différemment et plus lentement mais ce qui leur assure par ailleurs un vieillissement plus long et donc plus harmonieux. Mais cette sécheresse de l’air peut gêner les capacités gustatives au moment des assemblages pour composer les vins. Le nez et la bouche sont plus secs et les œnologues saturent plus vite avec une fausse impression dans le jugement des équilibres des vins, de la qualité des tanins. C’est la raison pour laquelle, et pour éviter toute erreur de jugement, les dégustations d’assemblage se font à partir d’échantillons sur Hong Kong. Inédit comme façon de procéder mais nécessaire.
Concernant la vigne, Maxence Dulou précise que : « les « vendanges en vert » sont pratiquées pour limiter les charges de raisins sur les pieds. Mais contrairement à d’autres domaines viticoles dans le monde, ici, à Ao Yun, ce n’est pas par hectare mais par pied, voire par rameau : 1kg par pied, 100 g par rameau ». Comme la zone est très reculée (6 heures de route avant la première ville), les villages doivent fonctionner de manière autonome, d’où le maintien d’un système de polyculture dans lequel Ao Yun s’est efforcé de s’inscrire. « C’est un cercle vertueux, les plantes nourrissent les animaux, les animaux nourrissent les plantes. Nous-mêmes, nous utilisons le compost des villageois, et eux récupèrent les rameaux de vignes rognées pour les donner à leurs animaux. » Autrement dit, ce qui est pris à la nature lui est rendu.
Les vendanges sont exclusivement manuelles car aucun engin mécanique, compte tenu de la configuration du terrain et des lieux, ne peut véritablement intervenir. Les vendanges s’étalent de septembre à fin novembre, plus long qu’ailleurs, à cause de l’altitude qui varie au sein des quatre villages qui composent le domaine. Ici, aucun risque d’insolation trop forte de la plante : l’ombre portée des montagnes réduit de près de 60% l’ensoleillement ; ce qui permet aux raisins une maturation lente. Ce faible taux d’ensoleillement est largement compensé par l’altitude qui offre, à ces hauteurs, des UV puissants puisqu’on se rapproche plus du soleil dans ces conditions extrêmes de haute altitude. Comment réagit le raisin ? Et bien il fabrique des peaux plus épaisses, pour se protéger du soleil et va aussi développer plus de couleur. Par ailleurs, les UV pénètrent plus les baies de raisin permettant aux tanins des pépins de mieux mûrir. Résultat des courses : une texture plus aboutie des tanins et de tous les éléments du raisin.
La Chine aurait-elle enfin un vin emblématique de réputation internationale ? A 300 euros la bouteille, aucune erreur ne saurait être admise ! Lancée dès le millésime 2013,
Ao Yun n’a cessé de recevoir, et ce très rapidement, des distinctions élogieuses et des critiques dithyrambiques. A ce titre, le célèbre Wine Spectator lui a attribué des notes exceptionnelles, notamment sur les millésimes 2013 et 2016, chacun ayant eu plus de 95 points sur 100. Autant dire, un véritable exploit pour un vin à l’existence aussi jeune.
En 2020, Ao Yun a été également inclus dans la liste des meilleurs vins au monde par plusieurs publications renommées internationales, renforçant sa réputation de vin incontournable pour les amateurs les plus exigeants. Les vins sont bluffants, c’est une certitude.
Depuis ses premiers millésimes et ses premières cuvées, des progrès ont été faits au fil des années et de la compréhension de plus en plus précise sur la manière dont réagissent les différents terroirs et les 314 parcelles qui composent Ao Yun. Et quelques évolutions sont aussi à noter dans l’encépagement et donc dans les assemblages notamment dès le millésime 2017 avec une portion de Merlot plantée en 2013, venant compléter le Cabernet Sauvignon (majoritaire puisqu’intégré à 70%, voire 90% dans l’assemblage final) à l’origine de la densité et de la belle structure dans les vins et le Cabernet Franc, ce dernier apportant la finesse et la fraîcheur. 2018 voit aussi l’arrivée dans les assemblages du Petit Verdot et de la Syrah ajoutant toujours plus, combiné à l’âge des vignes accumulé au fil des ans, de complexité aromatique, d’élégance tannique, de minéralité et de profondeur aux vins d’Ao Yun. Les vins sont d’une fraîcheur remarquable avec des acidités bien supérieures à celles des grands vins de Bordeaux, lesquels sont pourtant des référents à l’échelle mondiale.
Y-a-t-il alors une griffe reconnaissable d’Ao Yun ? Oui. Dans ces vins, où chaque détail n’est pas laissé au hasard, ce qui frappe est l’odeur de cèdre mais cette senteur « balsamique » ne trouve pas son explication dans l’influence de l’élevage puisque les barriques servant à l’élevage sont essentiellement des barriques ayant déjà fait des élevages. 62% des barriques sont donc anciennes, le reste étant du neuf. C’est ce choix des barriques - dont on ne veut pas qu’elles marquent les vins au risque d’effacer l’empreinte du terroir – qui permet au terroir d’exprimer ces odeurs minérales et balsamiques. Du grand art !
Pour élaborer ce vin, 60% des raisins récoltés dans ce millésime entrent dans cet assemblage. Issu d’un assemblage de 67% de Cabernet Sauvignon, de 17% de Cabernet Franc, de 10% de Syrah et de 6% de Petit Verdot, Ao Yun 2018 s’affiche avec une couleur intense de rouge violacé. Le nez est profond et très expressif sur des parfums intenses de fruits noirs dominés par la cerise et la mûre. L’attaque en bouche est franche (une grande caractéristique des vins d’Ao Yun) sur des tanins élégants, très soyeux, ciselés conférant de la droiture et de la précision à l’ensemble, le tout baigné de fruits s’étalant jusqu’en fin de bouche. Vin raffiné et de belle garde !
Composé à 60% de Cabernet Sauvignon, de 19% de Cabernet Franc, de 10% de Syrah, de 6% de Merlot et de 6% de Petit Verdot, Ao Yun 2020 est le 8ème millésime du domaine a être qualifié de « meilleur vin de Chine » selon le journaliste Edward Ragg pour le Wine Advocate (ex-Parker). La couleur est dense, sombre. Le nez est complexe, profond sur des notes d’épices, de fruits rouges et de touche de tabac. La bouche est dense, précise, fruitée, élancée sur des tanins souples et soyeux. La finale est rafraîchissante à souhait et l’ensemble d’un équilibre assumé !
2014-2015-2016-2017-2018-2019-2020-2022