cat > ~/resources/views/front/brands/show.blade.php << 'EOF'
Moulis-en-Médoc, Bordeaux , France
32 Chemin de la Raze
33480 Moulis-en-Médoc
France
+33 (0) 5 56 58 02 37
Tout savoir sur le château Chasse-Spleen, cru bourgeois exceptionnel situé en appellation Moulis.
Voilà bien un nom évocateur et plein de poésie pour une propriété du bordelais. Difficile de ne pas penser au célèbre poète Charles Baudelaire. Ou alors, à Lord Byron (de passage en France). Le plus plausible finalement viendrait du côté du peintre Odilon Redon, illustrateur de « Spleen de Paris » et voisin de la propriété. On dit que ce dernier aurait soufflé ce nom aux propriétaires du domaine en 1863, ces derniers nommant alors le château Chasse-Spleen. Ce Cru Bourgeois Exceptionnel est géré depuis 1976 par des femmes. D’abord Bernadette Villars, (fille de Jacques Merlaut, grand propriétaire et grand négociant de la Place de Bordeaux), puis repris par Claire (sa fille aînée) en 1992 avant de confier la direction à sa sœur cadette, Céline Villars-Foubet. Chasse-Spleen est dans la cour des grands du Médoc et élabore, à partir de ses 80 hectares de belles parcelles graveleuses, d’argile et de calcaire, des vins d’une belle intensité, minéralité et fraîcheur donnant des vins d’une grande amabilité et suavité.
Pourquoi Chasse-Spleen ? L’origine du nom reste une énigme. Ce Moulis « Cru Bourgeois Exceptionnel » sur l’appellation Moulis, est-il le résultat de la bonne humeur attribuée au poète britannique Lord Byron, lorsqu’il vint en 1821 dans le bordelais avant de se rendre en Espagne ? Ou bien plutôt au célèbre écrivain et poète Charles Baudelaire, lors d’un séjour au château qu’il aurait fait ? Le mystère reste assez entier et la réponse n’est toujours pas tranchée mais continue de nourrir une certaine légende de ce cru dont les vins donnent, tantôt de la joie, tantôt du spleen.
Mais de façon plus rationnelle, l’histoire du château commence au XVIIIe siècle. En 1760, le premier propriétaire, Le sieur Gressier, fait construire la chartreuse (toujours visible) au centre de son domaine de Grand-Poujeaux. Il va s’atteler à mettre en place l’exploitation viticole avec ses infrastructures et le vignoble.
Un peu plus tard, en 1822, le domaine va être scindé en deux parties distinctes suite à des mariages successifs et à des héritages. Ces deux entités sont Gressier-Grand-Poujeaux et Grand-Poujeaux Castaing. C’est à la deuxième entité que le nom de Chasse-Spleen sera donné en 1863 par Rosa Ferrière-Castaing, la veuve du propriétaire. Cette dernière va faire de Chasse-Spleen un vin réputé dans le Médoc, une réputation que les vins du château devront finalement à l’influence des femmes jusqu’à ce jour. La famille Castaing restera d’ailleurs propriétaire de Chasse-Spleen jusqu’en 1909 avant qu’il ne soit vendu à un négociant allemande Segnitz. Ce dernier le revend plus tard en 1920 à la famille Lahary qui en restera propriétaire jusqu’en 1976, en pleine crise du vignoble bordelais.
Alors que le vignoble bordelais traverse dans les années 70 une crise profonde, la famille Lahary décide de se dessaisir du château. C’est un grand négociant en vin de la Place de Bordeaux, Jacques Merlaut, qui rachète la propriété en 1976. La famille possède également un autre « Cru Bourgeois », le château Citran dans le Médoc et son vaisseau amiral, le château Gruaud-Larose à Saint-Julien, Second Grand Cru Classé en 1855. Mais c’est sa fille, Bernadette Villars, qui va faire croître la notoriété de Chasse-Spleen à l’international, une implication réussie mais malheureusement écourtée par un accident tragique dans les années 90. Au décès de cette dernière, c’est l’une de ses deux filles, Claire Villars-Lurton (propriétaire du 5ème Grand Cru Classé en 1855, le château Haut-Bages Libéral à Pauillac et de château Ferrière, 3ème Grand Cru Classé en 1855 à Margaux) qui reprend la gestion de la propriété jusqu’à ce que sa sœur, Céline Villars-Foubet reprenne à son tour la gestion du cru dès 2000, aux côtés de son époux, Jean-Pierre Foubet. Céline a depuis agrandi le vignoble de Chasse-Spleen, notamment en faisant l’acquisition de château Brillette, un autre Moulis, en 2022.
Chasse-Spleen est le fruit des meilleures parcelles de la croupe de Grand-Poujeaux. Malheureusement, le cru n’a pas pu participer au classement de 1855 puisque crée plus tard (en 1863). Il ne fait aucun doute qu’au même titre que le château Poujeaux, un autre Moulis d’exception, « au terroir de premier » (sous-entendu, digne des Grands Crus Classés de 1855), le château Chasse-Spleen aurait aussi mérité d’être accepté dans un tel classement. D’une certaine façon, le château se rattrapera en étant le chef de file, avec le château Poujeaux, des Crus Bourgeois du Médoc puisque retenu dans le classement de 1932 comme « Cru Bourgeois Exceptionnel. »
Cette réputation n’est donc pas usurpée, loin de là. Chasse-Spleen possède un terroir d’exception couvrant 80 hectares (sur les 105 hectares que compte la totalité de la propriété). Avec ses quatre parcelles graveleuses, en fait des graves du quaternaire mêlées de graves garonnaises qui reposent sur du calcaire à astérie (comme dans le vignoble de Saint-Emilion) et des sols argilo-calcaires, Chasse-Spleen est en mesure de produire, sur le point culminant des croupes de Grand-Poujeaux, des raisins de grande qualité. L’âge des vignes est d’environ 35 ans, de quoi permettre au 73% de Cabernet Sauvignon, au 20% de Merlot et au 7% de Petit Verdot, de donner des vins d’une belle complexité. Des vins dont l’origine est aussi un comportement vertueux. Le vignoble est d’ailleurs certifié HVE (Haute Valeur Environnementale) traduisant son attention et son engagement dans la préservation de la biodiversité, la production et l’utilisation d’énergie renouvelable.
Un Moulis docile et ciselé en bouche digne des plus grands vins du Médoc.
On dit souvent que les vins de Moulis ont la sève des Pauillac et des Saint-Estèphe tout en ne ressemblant qu’à eux-mêmes, un poil rustique. C’est en partie vrai pour beaucoup de Moulis. Mais Chasse-Spleen ne fait pas qu’emprunter cette structure tannique séveuse. Il n’oublie pas dans ses vins de se montrer élégant et caressant comme un Saint-Julien ou un Margaux. D’ailleurs, son terroir n’est-il pas précisément situé entre Margaux et Saint-Julien ? Une situation qui explique tout. Chasse-Spleen produit donc des vins puissants, structurés et riches mais avec des tanins dociles, veloutés en somme. Son style est reconnaissable tout comme dans ses autres vins, dont deux seconds vins : L’Oratoire de Chasse-Spleen et l’Ermitage de Chasse-Spleen, qui, depuis le millésime 2001, a été renommé l’Héritage de Chasse-Spleen.
Sa robe est intense et profonde livrant, dès les premières sensations olfactives, des notes de fruits noires (cassis, mûre) et fruits rouges (cerise) sur une touche vanillée (marque de l’élevage en barriques). La matière est là et digèrera parfaitement le boisé non intrusif. L’agitation se veut plus « minérale » avec des parfums de silex frotté (un côté très graves garonnaises). Les raisins issus de cet assemblage affichent une parfaite maturité au moment de la récolte et la dominante Cabernet Sauvignon fait ici merveille dans ce millésime à grands cabernets. En bouche, la droiture du vin est sans faille avec une attaque franche, un milieu de bouche ample et gourmand, sur un tramé tannique présent mais très civilisé, pour ne pas dire d’un joli soyeux. Un vin qui ne manque ni d’aptitude à la garde, ni d’équilibre et d’élégance dans ce millésime à l’évidence réussi incarné dans ce vin très bien construit.
L’un des seconds vins de la propriété est d’une fraîcheur aromatique vivifiante avec une grande franchise sur des parfums de framboises écrasées, de cerises burlat avec une pointe florale de rose rouge et d’épices. C’est élégant et très engageant. On pourrait croire que les arômes sont confiturés mais tout cela dénote au contraire pureté et fraîcheur même dans ce millésime assez solaire. Rappelons que la vigne à Chasse-Spleen située en pleines terres, même en l’absence des bienfaits de la proximité directe de l’estuaire de la Gironde, lequel apporte toujours un micro-climat bienfaiteur, n’est jamais en situation de souffrance du fait de la présence hydrique régulière dans ses sous-sols. Les raisins arrivent donc à parfaite maturité et ne souffrent pas de surmaturité. En bouche, le vin se montre équilibré avec une certaine tension. La trame tannique est veloutée. La fin de bouche est gourmande et fruité (un bel éclat de fruits) et offre une longueur très appréciable. Un second vin comme on aimerait en voir souvent.
1928-1929-1945-1947-1949-1953-1955-1959-1961-1970-1975-1981-1982-1985-1986-1988-1989-1990-1996-2000-2001-2003-2005-2009-2010-2015-2016-2018-2019-2020-2022-2023