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Lagrange

Saint-Julien,Bordeaux , France

Lagrange
Lagrange

Château Lagrange

33250 Saint-Julien-Beychevelle

France

+33 (0)5 56 73 38 38

Château Lagrange, grand vin de Saint-Julien

Tout savoir sur le château Lagrange, troisième Grand Cru Classé en 1855 sur l’appellation Saint-Julien

Propriété somptueuse et imposante par l’architecture, château Lagrange est devenue en 1983, une propriété sous pavillon japonais avec le groupe familial japonais, Suntory, leader du monde des boissons et spiritueux. Suntory entreprend alors une profonde restructuration de la propriété et de son vignoble de 118 hectares. Longtemps sous la direction de Marcel Ducasse aux côtés de Kenji Suzuta, c’est Matthieu Bordes (ancien second de Marcel Ducasse) et Keiichi Shiina qui poursuivent aujourd’hui une politique en quête d’excellence perpétuelle pour façonner des vins à la fois puissants et élégants, le tout dans le plus grand respect de l’environnement traduit par une réduction de l’empreinte carbone de ce cru de grande réputation.

 

Lagrange, une tradition viticole lointaine. 

Les terres sur lesquelles a été fondé le Château Lagrange sur la commune de Saint-Julien-Beychevelle sont mentionnées dès le XIIIe siècle. La production de vin débute alors au Moyen-Âge, même s’il s'agit encore d’une activité plus ou moins importante et prioritaire. La propriété nommée « domaine de Lagrange » est inaugurée bien plus tard, au XVIIème siècle, issue de la réunion de deux terroirs à l'est et à l'ouest. Le nom du domaine est hérité de celui de la maison noble Lagrange Monteil, dont on retrouve trace au XVIe siècle. Il semble que le premier développement important du vignoble soit surtout dû au baron de Branne de Cours au XVIIIe siècle, plus précisément de 1712 à 1746. Cette famille était également à l’époque propriétaire du château Mouton-Rothschild. Parmi les propriétaires célèbres se sont succédé Jean-Valère Cabarrus, armateur et négociant bordelais qui réalisa une expansion importante du vignoble, et fit construire entre autre, la Tour Toscane adossée à l’architecture de l’actuel château ; puis François Cabarrus (ministre des finances de Joseph Bonaparte), puis John Lewis Brown, un riche négociant d’origine écossaise qui, au milieu du XVIIIe siècle, revendra la propriété en 1842 au comte Tanneguy Duchâtel, ministre de l’intérieur sous Louis-Philippe (le comte fit beaucoup pour la qualité des vins en modernisant le château et les installations techniques sans oublier d’agrandir le vignoble). Sous son impulsion, et grâce à Bernard Théodore Galos (son régisseur qui gérait aussi Mouton-Rothschild), château Lagrange est reconnu comme 3ème Grand Cru Classé en 1855. A cette époque, Lagrange devient un lieu incontournable des mondanités, de la bourgeoisie et des artistes.

Mais après la mort du Comte Duchâtel en 1867, la propriété décline et ce, malgré le travail de la comtesse héritière et de ses deux fils. Les difficultés trop nombreuses s'enchaînent avec l'arrivée du phylloxéra, les crises économiques et les guerres dont la « Grande Guerre. » C’est alors qu’intervient la famille Cendoya (des basques d’origine espagnole), propriétaire du cru à partir de 1925 mais celle-ci va traverser le marasme économique de la crise mondiale de 1929 ainsi que la seconde guerre mondiale. A peine sortie de ces évènements majeurs, et face aux difficultés financières, la famille – qui n’était pas vraiment grande gestionnaire et dont les membres familiaux, dit-on, ne s’entendaient pas trop - est contrainte dans les années 70 (en pleine crise viticole bordelaise) de vendre progressivement des parcelles du vignoble aux exploitations voisines (château Gloria et château Ducru-Beaucaillou). La propriété perd alors une très grosse partie de son vignoble historique qui comptait au XIXème siècle pas moins de 300 hectares (vignes et parc confondus) contre 56 hectares après ces reventes successives des parcelles. Et « comme une difficulté n’arrive jamais seule », le vin de Château Lagrange voit alors inévitablement son prestige décliner tout comme le bâtit laissé, le moins que l’on puisse dire, un peu à l’abandon. Certains diraient « un vrai gâchis. »

Un phénix qui renaît de ses cendres grâce à des japonais.

Château Lagrange n’est donc plus que l’ombre de lui-même à la fin des années 70 et jusqu’au début des années 80. Mais l’avenir du 3ème Grand Cru Classé va à nouveau s’éclaircir grâce à de nouveaux investisseurs qui, une fois n’est pas coutume en matière d’acquisition de propriétés bordelaises, viennent du pays du soleil levant. Alors que les investissements bordelais provenant de l’étranger ont toujours concerné depuis le 17ème siècle, les investisseurs d’Europe du nord (pour la plupart des négociants en vin avant de se lancer dans la production), du Royaume-Uni, de la Belgique, des Etats-Unis puis de la Chine à partir des années 2010 (avec pas moins de 200 propriétés rachetées par des Chinois), cette fois-ci, des Japonais dans le vignoble bordelais, c’est du jamais vu, surtout dans les années 80 tout comme encore aujourd’hui puisque le vignoble bordelais ne compte que deux propriétés détenues entièrement par des japonais : château Lagrange à Saint-Julien et le domaine Uchida à Pauillac d’Osamu Uchida! Mais Suntory deviendra aussi copropriétaire un peu plus tard d’un autre Cru Classé en 1855 à Saint-Julien : le château Beychevelle détenu depuis 2011 à parts égales par le groupe Castel et Suntory, via la société Grands Millésimes de France.

Mais en 1983, le groupe japonais de boissons Suntory, leader dans dans la distribution de boissons alcoolisées du Japon (Suntory a été crée en 1899 et c’est la plus ancienne société de fabrication et de distribution d’alcools du Japon), rachète à la famille Cendoya, pour 54 millions de francs de l’époque (environ 8 millions d’euros), le château Lagrange. Pour l’anecdote, c’est Michel Delon, propriétaire du château Léoville-Las-Cases (« Super second » Grand Cru Classé en 1855 à Saint-Julien), qui a orienté Keizo Saji (Président du Groupe Suntory) et qui représente sa famille (propriétaire du groupe Suntory) dans l’achat de la propriété. On dit qu’il a toujours aimé les vins de la Rive Gauche et les bordeaux. Michel Delon veillera aux différentes étapes de la transaction puis au recrutement d’un directeur technique talentueux, Marcel Ducasse, lequel prendra ses fonctions en mars 1984.

Suntory se sentant trop à l‘étroit avec les 54 hectares restants au moment de l’achat, le groupe enclenche très rapidement d’importants chantiers et investissements (soit l’équivalent de cinq fois le montant du coût de l’acquisition du cru classé) à commencer par les chais, les hangars pour les machines viticoles, les bureaux et le château, le tout rénové dès 1986. La question de l’augmentation de la taille du vignoble s’est aussi vite imposée. C’est ainsi que Suntory met d’importants moyens financiers pour restructurer les parcelles avec pas moins de 60 hectares plantés en seulement deux ans. C’est dire la volonté pour le groupe Japonais de miser sur l’avenir de Lagrange en redorant son blason, tout en souhaitant rentabiliser l’investissement sans trop attendre. Pour mémoire, aujourd’hui, le cru classé compte 117 hectares de vigne, soit une superficie qui le rapproche de la surface d’antan dont jouissait le château.

Tous ces chantiers sont coordonnés par Kenji Suzuta (Directeur général) et Marcel Ducasse, (Directeur technique). Cet œnologue de formation en charge de gérer le domaine, est secondé par le célèbre et très estimé œnologue-conseil de l’époque, le grand professeur Emile Peynaud. Marcel Ducasse sera rejoint en 2007 par Bruno Eynard, chargé de l’assister dans cette quête d’excellence que se sont fixés les propriétaires japonais avec l’aide des œnologues-consultants, Jacques Boissenot, puis par la suite, son fils Eric Boissenot. En 2008, Marcel Ducasse souhaite « passer la main » et c’est son second, Bruno Eynard qui prend la suite, et ce jusqu’en 2013 avant la nomination de Matthieu Bordes à la direction technique, aux côtés de Keiichi Shiina (nouveau Directeur général). L’ère « Bordes » est aussi marqué par une accentuation des questions environnementales, déjà entamée par ses prédécesseurs, avec notamment une réduction de l’empreinte carbone. Lagrange est d’ailleurs inscrit dans une démarche environnementale HVE (Haute valeur environnementale) depuis le millésime 2017.

Un vignoble bien conduit dans une approche parcellaire, du « sur-mesure. »

Les 117 hectares - dont 4 hectares de Sauvignon (60%), de Sémillon (30%) et de Muscadelle (10%) consacrés à l’élaboration d’un blanc sec « Les Arums de Lagrange », vin lancé depuis le millésime 1996 – sont sous constante surveillance et gérés dans une optique de « parcellaire. » Ainsi, dans un souci d’isoler certaines parcelles et parvenir à des assemblages encore bien plus précis, aptes à retranscrire les nuances et les différentes personnalités de chaque configuration de sol et de sous-sols sur tout le vignoble (aux graves se mêlent sable et argile ferrugineuse), le cuvier a dû s’adapter en répondant à cette exigence d’ADN. L’installation de cuves plus petites, soit 102 cuves correspondant au nombre de parcelles recensées sur le vignoble, doit permettre une maîtrise accrue dans l’expression du parcellaire composé par essence, de profils et de personnalités variés. Les deux croupes de graves günziennes (le point névralgique du vignoble de Lagrange) exposées nord-sud exploitent 67% de Cabernet Sauvignon, 28% de Merlot et 5% de Petit Verdot. A ce sujet, Lagrange est sans aucun doute l’une des rares, sinon la seule propriété du Médoc à exploiter autant de Petit Verdot d’un seul bloc, c’est-à-dire, sur 7 hectares. Certes, ce cépage est si compliqué à récolter (sa fenêtre de ramassage de 3 à 4 jours après maturité figure comme la plus courte et la plus technique) qu’on se demande si Suntory n’a pas le goût du risque (7 hectares tout de même !). Or, en avoir autant est un trésor inestimable : le Petit Verdot permet d’accentuer la personnalité du Grand Vin avec ce profil aromatique très épicé.

Le travail de la vigne est ainsi conduit dans l’unique but dobtenir des raisins de qualité absolue et de grande richesse, le tout en limitant les rendements (la taille, les travaux en vert, la densité de plantation et le choix des clones). Avec un âge moyen du vignoble porté à 30 ans, les vignes ayant été replantées dès 1984, celles-ci sont aptes à entrer depuis longtemps dans l’assemblage du Grand vin apportant grâce à ces raisins, de la densité et de la richesse aux vins rouges. L’investissement constant de Suntory a permis à Lagrange de retrouver son lustre d’antan et de redorer son blason : un résultat permis grâce à une vision rationnelle et réaliste des objectifs et une gestion sérieuse du domaine. Ce 3ème Grand Cru Classé de 1855 est avec certitude une valeur régulière et sûre de l’appellation Saint-Julien. Pour preuve, la qualité de ses vins, même dans les millésimes les plus techniques (petites années).

L’élégance et la finesse : une promesse tenue dans chaque bouteille.

Les 117 hectares de Lagrange lui permettent de produire chaque année environ 300 000 bouteilles du Premier vin, château Lagrange contre 400 000 bouteilles pour son second vin, Les Fiefs de Lagrange. A ce sujet, Les Fiefs de Lagrange, vin très estimé depuis longtemps pour le plaisir qu’il nous offre quand on le boit, avait été lancé à la récolte 1983, dès l’acquisition du château Lagrange par Suntory. Le second vin a permis de faire des sélections drastiques lors de l’assemblage des lots, pour atteindre l’excellence dans le Grand Vin ; un grand vin qui affiche une constance remarquable depuis le millésime 1986. La propriété a aussi lancé en 1996 son blanc sec, les Arums de Lagrange en appellation Bordeaux blanc sec. Il reste à ce jour l’un des vins blancs secs produits dans le Médoc parmi les plus appréciés des consommateurs. 

Château Lagrange 2019

Dans ce millésime à l’été chaud et sec, dont l’ensoleillement fut un record, les vendanges 2019 demeurent à Lagrange les plus longues jamais enregistrées avec des décalages de maturités phénoliques et technologiques sur les Merlots et les Cabernets Sauvignons. Ce qui a conduit les équipes à ne pas aller trop vite pour s’assurer de ramasser parfaitement mûr. Mais le résultat est à la hauteur : des raisins très riches (sûrement les plus riches depuis 1983, autrement dit la reprise par Suntory de la propriété). Le vin est dominé dans l’assemblage par le Cabernet Sauvignon (80%) contre 18% pour le Merlot et 2% pour le Petit Verdot. Lagrange 2019 est de couleur très sombre. Le nez est un concert de fruits noirs (essentiellement sur des notes de cerise et de cassis) avec beaucoup de fraîcheur et de puissance aromatique. La bouche se montre fruitée et juteuse avec une attaque nette et franche, dévoilant par la suite un milieu de bouche dense sur des tanins soyeux et d’une grande finesse. L’ensemble est dans le style des grands Saint-Julien et par l’équilibre qu’il présente, ne manquera pas de faire de cette bouteille un vin de longue garde. Un très beau Lagrange ! C’est sans aucun doute l’une des plus belles réussites dans ce millésime sur l’appellation comme sur l’ensemble des vins de la Rive Gauche.

Les Fiefs de Lagrange 2018

Château Lagrange a crée son second vin dès 1983 à la reprise de la propriété par le japonais Suntory. Adoptant, comme tous les autres crus classés du Médoc, le réflexe des sélections pour peaufiner le Grand Vin (« Première étiquette »), Lagrange lance alors Les Fiefs de Lagrange. Le millésime 2018 fut exceptionnel à Bordeaux, tout comme son successeur, le 2019. Dans ce millésime à l’été sec et chaud, l’un des plus sec depuis 1996, Les fiefs de Lagrange offrent un grand classicisme dans le style et confirme la qualité de ce second vin qui ne déçoit jamais. Issu d’un assemblage de 51% de Cabernet Sauvignon, de 44% de Merlot et de 5% de Petit Verdot, ce second vin provient de vignes d’un âge moyen de 28 ans. Le nez exprime avec générosité des notes de fruits noirs comme la cerise griotte avec des parfums de cannelle et d’autres épices, le Petit Verdot à l’origine de ces fragrances épicées entrant ici à 5%, ce qui est beaucoup mais donne une signature intéressante à ce vin. En bouche, le vin arbore une structure raffinée et élégante sur des tanins bien intégrés. C’est harmonieux et fruité avec une finale éclatante. Une vraie réussite et déjà très agréable dans sa jeunesse (même s’il peut vieillir aisément 10 à 15 ans). Le vin est probablement mieux réussi, alors qu’il n’est qu’un second vin, que certains premiers vins de certaines propriétés du bordelais.

Les Arums de Lagrange 2023

Issu d’un assemblage de 85 % de Sauvignon Blanc et 15 % de Sémillon, les Arums de Lagrange 2023 offrent avec sincérité des parfums d'agrumes confits, citron puis du pamplemousse frais, mêlé de notes de fleurs blanches et de touches de fruits exotiques. C’est complexe et riche. La bouche est fraîche avec une belle attaque donnant beaucoup de dynamique et de vivacité sur une rétro-olfaction d’agrumes avant de s’achever sur une finale saline et rafraîchissante. Le vin est pur avec beaucoup d’éclat. Ce blanc sec en appellation Bordeaux Blanc Sec avait été lancé par Suntory avec le millésime 1996, pour le plus grand bonheur des amateurs de Bordeaux Blanc secs produits dans le Médoc par des Crus Classés.

Les grands millésimes du château Lagrange:

1928-1929-1945-1947-1949-1953-1955-1959-1961-1970-1975-1981-1982-1985-1986-1988-1989-1990-1995-1998-2000-2005-2009-2010-2015-2016-2018-2019-2020-2022-2023

 

 

 

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