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Pauillac,Bordeaux , France
Château Pichon Comtesse
33250 Pauillac
France
+33 (0)5 56 59 19 40
Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande, second Cru Classé en 1855, possède un terroir exceptionnel de 90 hectares, bien situé sur l’appellation Pauillac puisque sur les rives de l’estuaire de la Gironde. Seules quatre familles ont présidé aux destinées de cette propriété d’exception du vignoble Rive Gauche avant que la Maison familiale de Champagne, Louis Roederer, n’en fasse l’acquisition en 2007 pour lui insuffler un esprit novateur et ambitieux garantissant le futur de ce cru prestigieux.
Situé dans la partie sud, à l’entrée de l’appellation Pauillac, aux abords de l’estuaire de la Gironde, Pichon Longueville Comtesse de Lalande fut d’abord fondé par Pierre de Rauzan en 1689. La propriété est étroitement liée à la destinée d’un autre grand château, situé juste en face d’elle, et séparé par la D2 (la route des crus classés du Médoc) : le château Pichon Baron (Pichon-Longueville). Cette proximité et voisinage géographiques n’est pas le fruit du hasard. Les deux propriétés ne formaient qu’un seul domaine viticole avant qu’elles n’aient été divisées après le décès du Baron Joseph de Pichon Longueville, c’est-à-dire, à partir de 1850. C’est l’une de ses filles, Virginie de Pichon Longueville - devenue Comtesse de Lalande par son mariage avec Jacques de Pichon Longueville (premier Président du Parlement de Bordeaux) - qui va hériter avec ses deux frères et ses deux sœurs des 3/5ème du vignoble de leur père. Elle rachète les parts à ses deux sœurs et décide de renommer Pichon Longueville en Pichon Longueville Comtesse de Lalande. La propriété restera d’ailleurs dans la même famille pendant plus de 250 ans. Puis en 1925, de nouveaux propriétaires achètent ce second Grand Cru Classé en 1855. Issus d’une ancienne famille de propriétaires (dont le château Siran à Margaux) et de courtiers de place bordelais, la famille Miailhe, par l’entremise d’Edouard et de Louis Miailhe, font l’acquisition de ce splendide cru classé.
En 1978, c’est le retour d’une femme aux commandes – dans la plus pure tradition de la propriété – avec May-Eliane de Lencquesaing (fille d’Edouard Miailhe). Héritant de la propriété, elle portera avec talent et détermination, haut les couleurs du château et endossera le rôle à la perfection d’ambassadrice de ses vins comme plus généralement des vins de l’appellation et du Médoc lors de ses nombreux voyages à l’international.
Fin 2006, May-Eliane de Lencquesaing vend son château. Dès janvier 2007, May-Eliane de Lencquesaing, que l’on nommait à juste titre « Madame la Générale » pour ses qualités de femme fédératrice et l’efficacité de son management, a de nouveaux projets et part s’installer en Afrique du Sud, autre grand pays viticole s’il en est. La propriété ouvre alors un nouveau chapitre dans son histoire voyant l’arrivée d’une famille champenoise et grande maison en Champagne : la Maison Louis Roederer et la famille Rouzaud. Ce changement de propriétaire va donner une impulsion nouvelle à ce cru déjà prestigieux, tout en s’inscrivant aussi dans une certaine continuité de la réputation du château insufflée pendant des décennies par son ancienne propriétaire : la quête permanente d’excellence.
Pour ce nouvel élan donné par Frédéric Rouzaud et sa famille – qui possède par la même occasion un autre cru de 58 hectares, le château de Pez sur l’appellation Saint-Estèphe), la restructuration du vignoble de 102 hectares et de nouvelles installations techniques performantes font partie du programme pour se relancer en quelque sorte, dans une course à l’excellence portée sous la responsabilité, depuis 2012, de Nicolas Glumineau. Occupant le poste de directeur général, Nicolas Glumineau remplace Sylvie Cazes (un nom bien connu puisqu’elle est la sœur du regretté Jean-Michel Cazes du château Lynch-Bages). Sylvie Cazes avait tenu le poste à Pichon de 2007 à 2012 aux côtés de la famille Rouzaud mais avait souhaité sur les derniers temps se consacrer pleinement au dossier très prenant de la Cité du vin de Bordeaux dont elle est Présidente, Cité du vin qui allait être inaugurée en mai 2016. Quant à Nicolas Glumineau, ce dernier avait fait ses armes en tant que directeur technique, aux côtés du grand Jean-Bernard Delmas (l’homme au 44 millésimes du château Haut-Brion) alors directeur général du château Montrose à Saint-Estèphe, pour le compte des frères Bouygues, propriétaires du second Grand Cru Classé en 1855 depuis 2006.
A Pichon Comtesse, en 2009 puis en 2010, l’on assiste à un tournant dans le style des vins de la propriété. Les premiers travaux entrepris par la famille Rouzaud semblent manifestement très vite porter leurs fruits. Le programme de replantation mis en place va très nettement faire jouer une meilleure adéquation cépage, porte greffe et nature du sol. A ce jour, et après avoir renforcé la présence du Cabernet Sauvignon, le vignoble se compose donc de 64% de Cabernet Sauvignon, de 27% de Merlot, de 6% de Cabernet Franc et de 3% de Petit Verdot. Cela profite au premier vin (le Grand vin) comme au second vin (Réserve de la Comtesse) qui avait été lancé sur le marché en 1973 par l’ancienne propriétaire.
Le vin, qui dans les années 80 était excellent mais paraissait moins massif et plus proche du style des Saint-Julien (appellation voisine de Pauillac), présente un profil différent depuis que la famille Rouzaud a décidé d’adjoindre plus de Cabernet dans les assemblages. Le vin va ainsi gagner en précision, en droiture, pour ne pas dire en race. Le nouvel outil de vinification en place depuis 2013 (œuvre de l’architecte bordelais Philippe Ducos qui aura demandé un an de travaux) – un cuvier entièrement repensé tout en gravitaire (pour préserver l’intégrité des raisins) avec 63 cuves tronconiques et non cylindriques pour gagner en finesse lors des extractions – va affiner la gestion parcellaire du vignoble au moment des vinifications, donnant plus d’identités aux lots à vinifier et apportant en quelque sorte, plus de dynamique et d’énergie dans les vins. Avec cet outil entièrement repensé et optimisé dans les moindres détails, c’est le maître de chai Xavier Pallu qui est satisfait.
Les travaux concernent aussi deux nouvelles salles de dégustation, à l’étage du cuvier, avec une splendide vue panoramique à la fois sur le vignoble de Pichon Comtesse et de son illustre voisin, le château Latour. La partie oenotouristique n’est pas en reste puisque le nouvel ensemble peut aussi accueillir jusqu’à 200 personnes au niveau d’une salle de réception et, dans le cadre du circuit de visite de la propriété (sur rendez-vous), les visiteurs peuvent emprunter un grand escalier jusqu’à une terrasse très verdoyante. On peut donc dire que la métamorphose du château est complète et que la famille Rouzaud n’a rien laissé au hasard.
Comme nous l’avons évoqué, le vignoble de ce second Grand Cru Classé en 1855 a une superficie de 102 hectares lui permettant de produire chaque année 120 000 bouteilles à partir de vignes dont l’âge moyen et de 35 ans. On peut dire que ce vignoble est une exception sur le cadastre viticole de Pauillac car 11 des 102 hectares sont situés sur l’appellation Saint-Julien. Le tout repose sur une pédologie caractéristique de Pauillac avec des graves garonnaises sur une matrice d’argile. Il est à noter qu’à partir de 2010, les nouveaux propriétaires ont entamé une démarche en biodynamie sur un tiers du vignoble. En 2021, c’est au tour d’une conversion bio pratiquée cette fois-ci sur l’intégralité du vignoble. La démarche est courageuse lorsque l’on connaît les difficultés – pour ce type de pratique – liées à la climatologie propre au bordelais (tantôt humide, tantôt sec). Le nouveau cuvier de 2013, tout en gravitaire, se conjugue également avec un chai lui-même gravitaire (soit 1800 m2 en tout pour les nouvelles installations), permettant d’entonner les barriques pour pouvoir conserver l’expression subtile du terroir. La « première étiquette » ou le « Grand Vin » réside ainsi durant 18 mois d’élevage en barriques avec, selon le profil des millésimes, l’utilisation de 50% bois neuf et 50% de barriques d’un vin (ayant servi pour un millésime). La Réserve de la Comtesse, le second vin, n’utilise que 25% de bois neuf durant l’élevage pour ne pas marquer le vin.
Premier comme second vin sont une promesse de qualité avec de l’élégance en bouche, de la complexité aromatique et une race non démentie pour le Grand Vin.
Les vendanges ont débuté le 9 septembre pour se terminer le 30 du même mois. Des vendanges assez rapides finalement. Issu d’un assemblage de 77% de Cabernet Sauvignon, 17% de Merlot et de 6 % de Cabernet Franc. La difficulté a été de préserver la fraîcheur des Merlots alors que les Cabernets Sauvignons et Francs, ainsi que les Petits Verdots sont assez remarquables. Pichon Longueville Comtesse 2020 est un vin très précis, d’une grande droiture et d’une grande fraîcheur aromatique. Les arômes sont gourmands, très frais sur une base de fruits noirs intense. La bouche est droite, vive et présente un milieu de bouche immense mais sur des tanins fins. Les raisins ont atteint une belle et précise maturité. Cela se ressent dans le vin. La fin de bouche est longue avec un fruité croquant et très présent qui en impose par sa rémanence. Un très grand Pichon Comtesse qui n’est pas sans rappeler les millésimes 2018 et 2019, eux-mêmes d’une très grande réussite sur la propriété, sur l’ensemble de Pauillac, pour ne pas dire, dans la globalité du vignoble bordelais. Un vin merveilleux et de garde !
On ne présente plus ce second vin qui est l’un des meilleurs investissements dans la catégorie des seconds vins. Le vin est exigeant si l’on en juge sa complexité et une certaine puissance (ce qui est rare pour un vin issu de vignes plus jeunes et de lots jugés inaptes pour faire le premier vin). L’assemblage se compose de 30% de Merlot, de 60% de Cabernet Sauvignon (d’où son côté droit et frais en bouche), de 5% de Cabernet Franc et de 5% de Petit Verdot. La Réserve de la Comtesse 2023 – qui marque le 50ème anniversaire de ce second vin - est un vin au nez d’une pureté aromatique déconcertante laissant s’afficher des notes de baies noires, de mûre écrasée puis florales (lilas ou glycine), évoluant ensuite à l’agitation sur un côté graphite (mine de crayon). En bouche, la sensation est à la fois fraîche et pleine de douceur sur un tramé caressant, velouté, le tout s’achevant sur une note épicée (en cause, le Petit Verdot probablement). L’ensemble est très équilibré et ne manque pas d’entrain. Une vraie réussite !
1900-1928-1929-1945-1947-1949-1953-1955-1959-1961-1970-1975-1981-1982-1985-1986-1988-1989-1990-1995-1998-2000-2005-2009-2010-2015-2016-2018-2019-2020-2022-2023