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Talbot

Saint-Julien, Bordeaux , France

Talbot
Talbot

Château Talbot

33250 Saint-Julien-Beychevelle

France

+33 (0)5 56 73 21 50

Château Talbot, grand vin de Saint-Julien

Bien connaître le château Talbot, quatrième Cru Classé en 1855 sur l’appellation Saint-Julien

Talbot, l’esprit du Connétable Talbot.

Situé sur le plateau de l’appellation Saint-Julien à quelques encablures de l’Estuaire de la Gironde, château Talbot cultive la discrétion dans son parc ombragé qui protège une demeure aussi harmonieuse et élégante que les vins produits dans ce cru à très forte renommée. Du commandant Talbot, comte de Shrewsbury à Nancy Bignon-Cordier, en passant par l’influence du négociant Désiré Cordier qui marqua Talbot de son empreinte, le quatrième Cru Classé en 1855 est une star discrète mais comptant dans la famille des très grands vins du bordelais que les amateurs les plus avertis et qui ne cessent de l’encenser.

 

Quand Talbot était anglais.

L’histoire nous amène à la bataille de Castillon et à la défaite des anglais sonnant le glas de la domination anglaise dans toute l’Aquitaine. Talbot porte ad vitam aeternam le nom du célèbre commandant, le Connétable John Talbot, comte de Shrewsbury et gouverneur de Guyenne. Celui-ci est aussi connu pour avoir participé à la bataille de Castillon en 1453 à l’issu de laquelle il fut obligé de déposer les armes. L’Aquitaine allait repasser sous pavillon français.

Quelques siècles plus tard, le cru est retenu dans le classement impérial de 1855 qui le classe 4ème Cru Classé en récompense de la régularité de ses vins, des prix pratiqués et de la qualité de son terroir déjà estimé au 17ème et au 18ème siècle.

Par la suite, après avoir été la propriété des marquis d’Aux de Lescout pendant des décennies, le domaine entre dans une nouvelle ère au début du 20ème siècle lorsqu’un négociant et maire de Saint-Julien, Désiré Cordier, en fit l’acquisition en 1918. Cordier est un nom qui résonne sur la Place de Bordeaux de par son activité de négoce, l’importance qu’il occupe dans ce secteur économique et par le fait qu’il possède d’autres biens viticoles.

Un cru classé au meilleur de sa forme avec les Cordier.

Les générations suivantes vont continuer à écrire l’histoire de cette saga familiale tout en faisant progresser la propriété. Son fils Georges, puis son petit-fils Jean Cordier se succèdent aux commandes de ce cru placé en haute estime. Avec les Cordier, le château Talbot va gagner davantage en notoriété pour finalement compter autant que les autres crus classés présents en grand nombre (l’appellation compte pas moins de 11 crus classés de 1855).

Lorsque Jean Cordier décède en 1993, il laisse à ses filles, Lorraine et Nancy Cordier, un cru en parfait état, exemplaire par les vins qu’il produit et dont le nom est célèbre dans le monde entier. Les filles Cordier vont ainsi mener la propriété de concert et « à quatre mains », pendant plus de 15 ans, vers de nouveaux sommets tout en veillant à poursuivre sans relâche l’œuvre et la philosophie de leur père. Un cru classé (tout comme n’importe quel autre domaine viticole ou toute entreprise) ne se repose jamais car il est attendu au tournant. Il était donc évident d’inscrire le château Talbot dans une démarche proactive et dans une dynamique essentielles à la pérennité de Talbot. Pour répondre à ces objectifs, de lourds investissements sont programmés sur plusieurs décennies pour que ce cru dispose d’un parfait outil technique et que son vignoble donne le meilleur de lui-même.

Mais un triste événement survient en 2011 avec la disparition de Lorraine Cordier. La Saga familiale devant se poursuivre, Nancy Bignon-Cordier était résolue à aller de l’avant. Aujourd’hui, aidée de son mari Jean-Paul Bignon et de leurs enfants Gustave, Philippine et Marguerite, elle poursuit en famille l’histoire du château Talbot pour le maintenir dans les marques parmi les plus demandées auprès des amateurs de grands vins du monde entier.

110 hectares de vignes sous la bienveillance d’un terroir d’exception.

En plein cœur du plateau de Saint-Julien, appellation qui se distingue par le fait de posséder pas moins de 11 Grands Crus Classés en 1855, château Talbot doit son rang de 4ème Grand Cru Classé en 1855 à la qualité de ses vins eux-mêmes issus d’un terroir à haute valeur ajoutée. Ses vignes d’un âge moyen de quarante ans, situées non loin de l’estuaire de la Gironde, et voisines d’un autre célèbre Cru Classé en 1855 du Médoc, le Saint-Julien Léoville-Poyferré, occupent des croupes de graves alluvionnaires charriées du Massif Central par le fleuve la Dordogne et des Pyrénées par le fleuve la Garonne. Les sols du parcellaire de Talbot sont donc essentiellement composés de graves gunziennes avec un socle calcaire à astéries ; présence de calcaire idéale pour y consacrer au moins 5 hectares plantés en Sauvignon (80%) et Sémillon (20%) pour élaborer le fameux blanc sec de la propriété, Caillou Blanc, Talbot se plaçant dans la grande tradition des crus classés en 1855 du Médoc qui se sont remis à faire du blanc, là où cette partie du vignoble girondin comptait jusque dans les années 60 une forte proportion de vignes plantées en cépages blancs. Les 105 hectares restants sont évidemment dédiés aux cépages rouges qui trouvent ici un terrain et un terroir propices pour s’exprimer pleinement jusqu’à parfaite maturité. Ainsi, le Cabernet Sauvignon (rappelons-le, cépage roi du Médoc et de Saint-Julien) y est présent à 66%, partageant l’encépagement avec 30% de Merlot et 4% de Petit Verdot, cépage adulé à Talbot par les propriétaires mais si délicat à faire parvenir à maturité (sa fenêtre de ramassage étant la plus courte de tous les cépages en rouges du bordelais) mais qui donne dans les assemblages cette touche inimitable d’épices et une signature très distincte pour les châteaux qui l’utilisent dans leurs assemblages. A noter que Talbot s’est engagé depuis longtemps dans une politique de respect de l’environnement dans sa manière de gérer ses vignes jusqu’aux parties techniques pour les vinifications. Ainsi, la propriété a obtenu depuis le millésime 2018 la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) de niveau 3 dans sa gestion du vignoble. Cette partie est naturellement l’affaire de Damien Hostein, le chef de culture maison, qui, par sa connaissance profonde et affutée du vignoble (on dit qu’il entretient un dialogue constant depuis de nombreuses années avec chaque cep qui compose les vignes de Talbot). Vérité ou légende, peu importe mais les grands vins naissent de raisins à partir de vignes parfaitement entretenues et maîtrisées. Ca, c’est une vérité implacable ! Et ici, au moment des vendanges, le raisin est roi. On le récolte à la main (pas moins de 120 coupeurs répondent chaque année présents), en cagettes (pour ne pas l’écraser avant la réception vendange) et le raisin connaît d’abord un tri à la vigne avant de subir un second tri sélectif à la réception vendange. On ne plaisante pas avec la qualité. Et pour veiller à la bonne marche de la propriété et de ces phases décisives, c’est le talentueux Jean-Michel Laporte (ex-directeur général du château La Conseillante à Pomerol) qui est aux commandes depuis 2018, remplaçant un autre talentueux directeur général, Jean-Pierre Marty qui fut le DG de 2007 à 2017.

 

Un chai élégant et sculptural à la hauteur de l’harmonie des vins de Talbot.

En 2012, Talbot se dote d’un chai à nul autre pareil par son élégance et ses dimensions. Signé par les architectes bordelais Gérard Vacheyrout et Paul Nairac, le chai est d’une singularité déconcertante. A tel point qu’il est considéré comme l’un des plus beaux projets architecturaux viticoles et d’une grande originalité en matière de chai. Avec ses 1500 mètres carrés, le chai frappe d’emblé l’œil par sa créativité. Celui-ci évoque sans équivoque, une forêt avec ses arbres en béton culminant à 7 mètres de haut. Quant à l’infrastructure et le gros œuvre, les piliers du chai ont la forme élégante d’un cep de vigne taillée en gobelet (pratique de taille peu bordelaise mais que l’on voit très régulièrement dans les vignobles du sud-est de la France, dans le Var, en Vallée du Rhône sud, en Beaujolais et jusqu’en Espagne). Un chai qui a donc fière allure et qui peut stocker une récolte entière avec une capacité maximale de 1800 barriques. C’est impressionnant mais cela ne souffre d’aucune ostentation car Talbot ne cultive pas l’ostentatoire, toujours soucieux de préserver élégance et harmonie des lieux, tout comme dans ses vins. C’est d’ailleurs Jean-Max Drouilhet (ex-maître de chai du Cru Bourgeois Supérieur, le château d’Agassac) qui œuvre depuis 2007 à Talbot tant pour les vinifications que pour les phases d’élevages du vin. 

Talbot, le subtil mariage entre l’harmonie et l’élégance dans chaque bouteille.

On a souvent dit que Talbot était un peu le frère jumeau d’un autre Grand Cru Classé en 1855 à Saint-Julien, le château Gruaud Larose, situé lui-aussi non loin de Talbot. La comparaison concerne-t-elle les lieux (l’architecture) ou le style des vins des deux propriétés ? En fait, pas vraiment car si Gruaud Larose est réputé pour l’harmonie et la délicatesse de ses vins, ceux de Talbot – et sur les mêmes traits de caractères ou d’adjectifs – sont pourtant propres à eux-mêmes. Talbot est un fier et digne représentant de son appellation : généreux en arômes, suave, subtil et délicatement ciselé en bouche sans manquer de trame pour des longévités exceptionnelles ; car Talbot tient les décennies avec aisance. Pour parvenir à créer ou à perpétuer le style Talbot, millésime après millésime, c’est l’œnologue consultant Eric Boissenot (l’œnologue préféré des Grands Crus Classés du Médoc et avant lui, son père Jacques Boissenot) qui intervient aux côtés d’un autre grand consultant, Stéphane Derenoncourt (intervenant de renommée internationale mais plus habitué à intervenir dans les grands crus de la Rive Droite). Nancy Bignon Cordier et Jean-Paul Bignon s’entourent ainsi d’une grande expertise pour assurer à chaque millésime, l’authenticité et l’élégance que chaque vin de Talbot doit traduire ou retranscrire du terroir. C’est aussi sur ce point que Talbot construit solidement sa réputation d’un grand vin à la régularité exemplaire. Quand on parle du style des vins de Talbot, c’est d’abord dans le grand vin qu’il s’incarne, sans oublier de s’exprimer dans son second vin « Connétable » du château Talbot ou son remarquable blanc sec, « Caillou blanc ». Mais revenons à Talbot rouge, c’est-à-dire, à ce vin réputé pour sa générosité, sa race, son soyeux, sa complexité.

Château Talbot 2018, le grand vin.

Le Grand vin de Château Talbot est vin de grande classe, sans ostentation, sans mauvaise humeur et d’une grande amabilité. Il est aussi à l’aise en dégustation dans sa prime jeunesse que bien des décennies après un vieillissement en bouteille. Vin très équilibré, d’une finesse très naturelle, son bouquet est souvent un subtil mélange de notes de réglisse et de havane alors que la structure en bouche, veloutée aux tanins bien gainés et enrobés, est comme un trait d’union entre la finesse légendaire des vins de l’appellation Margaux et la générosité et la puissance de ceux de Pauillac, voire de ceux de Saint-Estèphe. Un vin qui possède une réelle allonge et promet toujours des moments de bonheur exacerbé lorsqu’on le patiente.

Ce millésime 2018 est particulier à plus d’un titre pour Talbot. D’abord, il renoue avec l’excellence des millésimes bordelais depuis les grands 2015 et 2016. 2018 amorce en effet une autre trilogie de légende qui avec les 2019 et les 2020, forment à eux trois le trio gagnant des très grands millésimes successifs bordelais, comme avant eux, les 1988, 1989, 1990 ou les duos 2009, 2010. Bref, des années remarquables que l’on se doit d’avoir en cave. Mais 2018 est aussi lié à une date anniversaire importante pour le château Talbot : son centenaire de l’acquisition du château par la famille Cordier. Pour marquer ce centenaire et célébrer cet anniversaire, la propriété décide de changer l’écrin du vin en une bouteille unique sérigraphiée (ce qui intéressera les collectionneurs ou les adeptes des séries limitées). La bouteille a de la classe et joue pleinement la symbolique majeure des piliers du grand chai de Talbot, ce chai évoquant à la fois les racines des ceps de vignes (des racines fortes) et les arbres ancrés dans le terroir, comme pour mieux insister sur la durabilité et la solidité du cru, traversant avec admiration le temps, et ce au sein de la même famille : les Cordier. Côté organoleptique, Talbot 2018 a de la profondeur et du charme, comme à son habitude. La robe est intense, sombre. Le nez est prolixe et riche en expressions aromatiques avec un fruité mûr, très frais et pulpeux. La bouche est toute en chair, ciselée, très bien construite autour de tanins suaves, gainés avec un poids de vin (le fond de bouche) peut-être plus important qu’à l’habitude (effet millésime). La fin de bouche est remarquable par sa longueur et son intensité. Un 2018 très réussi et un pari gagnant dans ce millésime symbolique pour la propriété. Un vin de caractère et promu à une très belle garde, comme Talbot nous y habitue très souvent.

Connétable du château Talbot (second vin).

Comme son grand frère, Connétable est gracieux et ne manque pas de caractère. Jouant le rôle de vin pour patienter la grande étiquette (le propre des seconds vins du bordelais), Connétable du château Talbot s’affiche avec beaucoup de fraîcheur et d’amabilité en bouche. Cela reste une valeur sûre du Médoc, dans la famille des seconds vins qui bénéficient au fil des années d’une politique plus sélective dans les lots (assemblages), dans un style élégant, aimable et classique. A noter que Connétable est l’un des premiers seconds vins du Médoc (assez précurseur à l’époque) à avoir vu le jour dans les années soixante à l’initiative de Georges Cordier, le grand-père des propriétaires actuels.

Caillou Blanc 2021, Bordeaux blanc sec.

Un vin blanc en plein Médoc: une idée folle ou de génie ? Caillou Blanc est l’un des tout premiers blancs secs du Médoc par son existence, et par sa qualité. Tout comme le second vin, Georges Cordier a été un véritable pionnier (pas le seul mais parmi les premiers) à réintroduire la culture des vignes blanches en terre médocaine dans les années 30. C’est dire que le blanc avait à Bordeaux autant d’importance que le rouge, alors que Bordeaux évoque l’omniprésence de la couleur rouge. Et pourtant ! Ce vin en appellation Bordeaux Blanc Sec (puisque l’appellation Saint-Julien ne produit que du rouge selon le cahier des charges du décret d’appellation) est l’un des plus remarquables jamais produits par un cru classé de 1855. C’est dire la valeur sûre du vin ! Il se caractérise, entre autres caractères et points techniques, par son élevage à la bourguignonne avec des batônnages réguliers, qui comme les grands blancs de Bourgogne 100% Chardonnay, possède du gras et du volume en bouche, sans manquer puissance, de tranchant et de fraîcheur, lui garantissant son équilibre gustatif. Le vin ne « sauvignonne » pas (au contraire, c’est mûr) et offre avec le Sémillon qui vient compléter le Sauvignon majoritaire une palette aromatique d’une grande pureté avec une bouche d’une belle précision et dynamique. Dans ce millésime 2021, qui fut mieux réussi pour les blancs du bordelais que pour les rouges, l’équipe de château Talbot a opté pour un assemblage à base de 73% de Sauvignon et de 27% de Sémillon. Le millésime 2021, dont le climat fut plus frais qu’en 2020 ou en 2022, a permis de récolter des raisins blancs plus aromatiques et également plus frais. Le nez est élégant, sensuel et envoûtant même en offrant des expressions de tilleul, de citron confit et de verveine suivies de quelques notes de cailloux humides (son côté « minéral), dans une sensation globale de fraîcheur et de bouffée d’oxygène. Le vin est riche, précis et aromatique. La bouche est précise et franche d’attaque avec un milieu de bouche tranchant, offrant beaucoup de dynamique à ce blanc sec, déjà gourmant dans sa jeunesse mais qui ne manquera pas de bien vieillir compte tenu de son acidité bien dosée. Un Caillou Blanc de grande classe.

Les grands millésimes du château Talbot :

1928-1929-1945-1947-1949-1953-1955-1959-1961-1970-1975-1978-1981-1982-1983-1985-1986-1988-1989-1990-1996-2000-2003-2005-2009-2010-2015-2016-2018-2019-2020-2022-2023 

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