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Domaine de Chevalier

Pessac-Léognan, France

Domaine de Chevalier
Domaine de Chevalier

102 chemin de Mignoy  

33850 Léognan

France

+ 33 (0)5 56 64 16 16

Domaine de Chevalier, Cru Classé de Graves.

Tout savoir sur le Domaine de Chevalier, Cru Classé de Graves situé en appellation Pessac-Léognan.

Le Domaine de Chevalier, situé sur la commune de Léognan, en appellation Pessac-Léognan, est un domaine viticole très ancien portant au XVIIIème siècle le nom de « Chibaley ». Contrairement aux autres propriétés qui sont des châteaux, Chevalier a conservé son statut de domaine, probablement par souci de conservation de cet esprit de domaine. Dans les années 60, c’est la famille Ricard qui en est propriétaire. Mais en 1983, une autre famille, les Bernard, rachète le domaine Cru Classé de Graves. Cette famille est bien connue dans le secteur des vins et spiritueux puisque leader français du marché des eaux-de-vie (et des Brandy) et par ailleurs, oeuvrant dans le négoce de la Place de Bordeaux (société Vins des Grands Vignobles devenue plus tard Millésima et Sobovi). C’est l’un des cousins, Olivier Bernard, qui se trouve alors à l’âge de 23 ans aux commandes de ce cru de grande renommée. Olivier Bernard et ses équipes y perpétuent, sur une soixantaine d’hectares, l’esprit d’équilibre et de recherche de la perfection. 

 

Domaine de Chevalier : un domaine unique dans la sphère des châteaux bordelais.

Déjà présente sur les cartes en 1783 sous le nom de « Chibaley », cette propriété parviendra à se hisser progressivement parmi les grands vins de Bordeaux en accédant en 1959 au classement des Crus Classés de Graves. Acheté à la famille Ricard – qui possédait jadis les châteaux Malartic-Lagravière et De Fieuzal jusqu’à la fin des années 70 – le Domaine de Chevalier change donc de mains en 1983 avec l’arrivée de la famille Bernard. Cette famille - leader français sur le marché des eaux de vie et des brandy avec les Alcools Bernard, la société Valdronne et sa vodka Pyla, est aussi très connue dans le monde du négoce des grands vins de Bordeaux avec les sociétés de négoce Millésima et Sobovi. C’est la branche cousine, les Bernard de la Rive Droite, par l’entremise d’Olivier Bernard, âgé seulement de 23 ans lors de l’acquisition, qui reprend en douceur le Domaine de Chevalier. L’opportunité de cet achat ne fera que confirmer entre les mains d’Olivier Bernard, les qualités intrinsèques de ce cru. Des mérites parfaitement révélés aujourd’hui grâce à la passion inébranlable, aux efforts constants consentis par cette famille qui pratique l’observation, l’écoute et la lecture d’un terroir exceptionnel sur plus de 67 hectares. Jouissant à ce jour d’une notoriété internationale non démentie et construite avec réflexion – bien amorcée sous son ancien propriétaire – la politique de recherche de l’excellence instaurée par Olivier Bernard donne depuis quarante ans au Domaine de Chevalier, le statut très convoité des grands vins de ce Monde. Le 30 novembre 2023 fut d’ailleurs l’occasion de marquer les 40 ans de la famille Bernard, à la tête de Chevalier, par une vente aux enchères exceptionnelle chez Christie’s à Londres avec 75 lots en grand format (nabuchodonosors, impériales…) 40 doubles magnums rouge du Domaine de Chevalier. Olivier Bernard souhaitait en effet raconter au travers de ces flacons de prestige, ses 40 années passées à la tête du Domaine. Les fonds récoltés (à partir de ces 40 doubles magnums) a été ensuite reversé à la Croix-Rouge. Olivier Bernard est aussi un philanthrope et sait faire preuve d’une grande générosité.

En plus de Chevalier, Olivier est aussi propriétaire depuis 2010 du Clos des Lunes (30 hectares en Sauternes) pour y élaborer de somptueux blancs secs ainsi que du château Lespault-Martillac, un autre Pessac-Léognan acquis en 2009.  

Une acquisition dans une période très favorable pour construire des grands vins.

« Il y eût l’avant 1982 et l’après 1982 dans l’histoire des vins de Bordeaux » de l’avis d’Olivier BERNARD. Souvenez-vous ! 1982 : année exceptionnelle dans le vignoble et « millésime du siècle », selon l’expression consacrée, dont on découvre encore aujourd’hui les vertus, sans que les bouteilles - bien nées sur les meilleurs terroirs - ne s’essoufflent. En 1983, les vins de Bordeaux « sortent la tête de l’eau ». La période est propice pour les investissements puisque la valeur foncière des grandes propriétés viticoles ne connaît pas la spéculation comme c’est malheureusement le cas depuis la fin des années 90. Le Domaine de Chevalier, bien que déjà très connu n’échappe pas à la règle et conforte alors la famille Bernard dans le choix d’une très bonne affaire fortement motivée par la passion du vin. Ici, on ne plaisante pas avec la notion de passion.

Arriver aux commandes d’une telle propriété à cette époque, c’était comme se laisser porter par la houle et être au portant (dans le jargon de la navigation) tel un voilier, passion que pratique également Olivier Bernard, lui l’amateur des vieux gréements. Mais plus encore, c’était surfer sur la vague d’un engouement culturel et sophistiqué dont commençait à bénéficier le vin. Un phénomène accentué par le relais d’information assuré par les grands journaux français et étrangers s’entichant du sujet. Du jamais vu ! Le consommateur de vin par automatisme, devenant amateur de vin, ne sera plus jamais passif dans sa consommation et se fera exigeant. La passion du vin, l’entichement sur la planète Bacchus favoriseront toute communication et commercialisation pour les grands vins et les grands crus, à commencer comme Chevalier. Toutefois, attention ! pas à n’importe quel prix ni condition. La recherche et la garantie de l’excellence au fond des verres sont des préambules éthiques indispensables à l’adhésion totale des amateurs de vin. La messe est dite ! Le skipper Olivier Bernard et son équipage l’ont bien compris et vont se fixer des échéances précises, toujours dans le respect des parcelles du cru pour ne pas rater leur rendez-vous avec le Domaine de Chevalier et l’histoire des grands vins de Bordeaux. 

Des efforts et de la régularité pour transcender la signature d’un terroir.

La notoriété d’une propriété et de ses vins n’est légitime que pour autant qu’elle reflète un réel investissement des hommes, une volonté sans relâche de toujours faire mieux chez celle ou celui qui se cache derrière son étiquette. Au Domaine de Chevalier, l’implication d’Olivier et de sa famille (son épouse Anne et ses deux fils, Hugo et Adrien, respectivement en charge des vignobles Bernard et de la commercialisation sur les marchés à l’international) reste totale. Dire que Chevalier est porté à bout de bras est la vérité sans impression d’exercer là un métier technique avec ses automatismes. Sur cette propriété protégée aux alentours par une forêt de pins et de chênes verts, les 39,5 hectares de vignes sont entretenus tel un jardin botanique, une vigne qui portent des cépages rouges et blancs gorgés d’espérance ; des raisins qu’Olivier Bernard aime embrasser, d’une certaine façon, à chaque retour de ses pérégrinations à l’étranger de chef d’entreprise qu’il est aussi. Ici, le travail de la vigne – au rythme lent des saisons – n’est pas subi, ni vécu comme un sacerdoce. Au contraire, on a l’intime conviction d’avoir le privilège de servir un grand terroir, de l’aider humblement à raconter le meilleur de lui-même à condition de savoir l’interpréter. La finalité dans cette relation homme/vigne, c’est le partage un verre à la main. Lorsque les bouteilles révèleront leur grand secret - après un élevage intelligent, réfléchi, adapté et quelques rides prises en bouteille – c’est l’émotion née de cette complicité philosophique avec le terroir qui surgira des verres. Et quel terroir ! Le genre de terroir apte à compenser naturellement certaines carences ou à surmonter comme un grand, les aléas que lui impose la nature ; voire quelquefois, avec la participation nécessaire de l’homme.

Si d’ordinaire le décor de Chevalier « une cuvette » (une forêt avoisinante et des sols jugés hydromorphes) est une donnée jugée contraignante, un travail considérable sur chaque paramètre (sol, vigne, choix des dates de maturité, tris à la vigne, vinification, élevage) donne maintenant depuis quarante ans, des résultats à la hauteur des espérances. Le drainage pointu de part et d’autre, par exemple, aura raison des plus mauvaises langues qui ont eu cours jusqu’à une certaine époque. Un important travail des sols – pauvres donc qualitatifs - encourage la vigne à puiser plus bas la minéralité des graves quand la densité de plantation (10 000 pieds à l’hectare) elle, favorise la concurrence entre les pieds, la précocité des maturités et sélectionne ainsi les meilleurs sujets capables de mûrir parfaitement avec de la couleur, de l’intensité aromatique et des tanins mûrs à souhait. Et pour illustrer ce souci de perfection à l’extrême, Chevalier est aussi l’unique propriété à pratiquer en plusieurs passages, comme en appellation liquoreuse, les tries sur le Sauvignon et le Sémillon de ces 4,5 hectares pour vinifier l’un des plus grands vins secs de la planète. On veut ici faire du cousu-main, ramasser et gérer de manière pointilleuse, les écarts de maturité sur le Sauvignon dont l’expression aromatique est fragilisée si ramassé trop tôt ou trop tard. Rien d’étonnant à ce que le Domaine de Chevalier ait acquis depuis les années 90, une solide réputation pour ses vins rouges et ses blancs, blancs secs réputés parmi les meilleurs au monde qu’il élabore comme les grands bourgognes blancs, selon une exigence absolue dans la gestion des vendanges. D’ailleurs, 5 hectares de vignes blanches, ce qui n’est pas rien pour une propriété à Pessac-Léognan, sont uniquement dédiées pour élaborer de très grands vins blancs qui ont toujours construit la réputation internationale du Domaine de Chevalier.

Ce travail est digne des équilibristes mais révélateur d’un grand cru.

Et au final, les raisins de Chevalier donnent raison à l’adage « le vin, c’est la terre ». Ils empruntent aux sols - de sables noirs et de fines graves blanches sur sous-sol argileux et d'Alios - un goût dont le souvenir est, à bien des égards, intarissable.

Etre exigeant avec soi et savoir lire son terroir pour signer des vins profondément humains.

Observation, respect, compréhension, humilité, effort…des attitudes primordiales requises pour extraire prudemment de la vigne des vins qui ont du sens. Les bouteilles révèlent un style tout en chair, soyeux, élégant, raffiné mais jamais précieux. Si le Domaine de Chevalier rouge et le Domaine de Chevalier blanc semblent si humains dans leur caractère, au sens où la marque de l’homme et l’aspect convivial surgissent des verres, c’est qu’Olivier Bernard est à la vigne et à la propriété comme il est dans chacun des échappatoires qui lui permettent de se ressourcer : un homme contemplatif mais vigilant. En parfait chef d’orchestre qu’il est aux commandes de cette propriété qu’il règle en bon tacticien - secondé par Rémy Edange (le directeur adjoint en poste avant l’arrivée des Bernard) et de Vincent Bernard et de Thomas Meilhan à la gestion technique (poste qui a longtemps été occupé par le charismatique Thomas Stonestreet – le jeune gérant qu’il fut en 1983 est devenu en quelque sorte, l’auteur d’un best-seller du vin pour autant qu’il en ait écrit des pages et des chapitres fondamentaux. Chevalier exprime une régularité qualitative sans creux depuis quarante ans – telle qu’elle est visible dans les vins – et n’est effective qu’avec une stratégie de conduite pertinente et appropriée de la propriété.

Une signature reconnaissable et très plébiscitée à l’international.

Pour comprendre les vins du Domaine de Chevalier, et ceux dans les deux couleurs, aussi bien pour le grand vin, le Domaine de Chevalier que le second vin, l’Esprit de Chevalier, il suffit de s’en remettre à Olivier Bernard. De son propre aveu, « les vins se dégustent beaucoup au nez. Certes la bouche est importante bien sûr mais les grands vins se dégustent au nez… La finesse d’un vin se voit au nez. » Et de poursuivre, « au nez, on va voir si l’homme est allé extraire, si l’homme a mis trop de bois, si l’homme n’a pas ramassé mûr, si l’homme a ramassé trop mûr, si l’homme a mis trop de Merlot par rapport au Cabernet Sauvignon… Si les Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon, Merlot, Sémillon, Sauvignon blanc sur une année ne sont pas assez mûrs…, on va le sentir au nez. Donc le nez est très important ! La bouche peut être masquée. La bouche est moins fine que le nez. Le nez peut justement aller chercher des finesses de détails que la bouche est incapable de trouver. »

Savoir prendre des risques et avoir un esprit libre dans la gestion d’un cru est indispensable.

Domaine de Chevalier 2021 rouge

80% de Cabernet Sauvignon, 10% de Merlot, 5% de Cabernet Franc et 5% de Petit Verdot entrent dans ce Domaine de Chevalier 2021. D’emblée, le nez paraît très pur et très frais sur des parfums de griotte, de cassis, de myrtille et de mûre écrasée, le tout complété d’une fraîcheur aromatique de cèdre et de menthe poivrée. La bouche est également fraîche, onctueuse sur un tramé tannique d’une belle densité avec un toucher délicat et soyeux de grande facture et noblesse. C’est ample, équilibré, profond et très frais avec une sensation de vin bien bâti. La finale est savoureuse et longue sur des notes de réglisse et minérales (graphite). Un très beau Chevalier taillé pour la garde avec sa grande majorité de grands Cabernet Sauvignon.

Domaine de Chevalier 2019 blanc 

Ce vin, élaboré à partir des 5 hectares consacrés pour les blancs secs, est assemblé à partir de 70% de Sauvignon et 30% de Sémillon. Les vendanges sont manuelles et gérées ici en « tries successives » comme dans le sauternais. C’est une particularité de longue date à Chevalier et fait que le blanc sec est le plus bourguignon des bordeaux blancs. Le pressurage lent a duré 3 heures. Le débourbage et la fermentation alcoolique en barriques et dans des fûts en forme d’œuf, suivi de 18 mois de barriques pour l’élevage avec des bâtonnages des lies opérés de façon régulière, amènent une vraie signature à ce vin. Le millésime 2019 est exceptionnel. Les conditions ont été très favorables tout au long du cycle de la vigne et qui plus est, en septembre. Ces conditions ont rééquilibré la sucrosité et l’acidité des raisins pour sceller une maturité du fruit absolue. La campagne des vendanges s’est étalée du 3 au 19 septembre avec 5 tries au total. Le Domaine de Chevalier blanc 2019 se pare d’une jolie robe cristalline sur des reflets jaune d’or. Le fruit est à la fois subtil et riche, exubérant sur des notes de fruits à chair blanche et d’agrumes laissant par la suite des expressions plus « végétales » d’aubépine. La bouche est complexe et ample, avec un très beau gras très équilibré sur des fruits, le tout gainé dans une belle acidité et nervosité conférant beaucoup de tension. Un très grand Domaine de Chevalier blanc taillé pour la longévité.

L’Esprit de Chevalier 2022 rouge

C’est le second vin de Chevalier, décliné en rouge comme en blanc, généralement fait à partir de vignes plus jeunes ou de beaux lots vinifiés mais jugés inaptes à l’élaboration de la dimension de la première étiquette, du Grand Vin. Mais depuis le temps, ce second vin, comme d’autres seconds vins, s’est montré plus abouti, plus dense, plus précis et plus gourmand même si son principe est de toujours le boire avant le Grand Vin, lequel doit être patienté par définition. L’Esprit de Chevalier rouge 2022 est issu d’un assemblage de 60% de Cabernet Sauvignon, de 35% de Merlot et de 5% de Petit Verdot. Jolie robe teintée de rouge sombre. Le nez exprime les fruits rouges mûrs, les épices et quelques notes de cacao. C’est séduisant. La bouche surprend par sa densité et sa puissance. Le tramé tannique est assez souple avec un toucher d’une belle délicatesse et une sensation de suavité. L’ensemble est équilibré et apporte beaucoup de fraîcheur tant aromatique que gustative. C’est un joli second vin bien fait, bien né. 

Les très grands millésimes du Domaine de Chevalier :

En rouge :1928-1929-1945-1947-1949-1953-1955-1959-1961-1970-1975-1978-1981-1982-1983-1985-1986-1988-1989-1990-1996-2000-2003-2005-2009-2010-2015-2016-2018-2019-2020-2022-2023

En blanc : 1961-1962-1967-1970-1973-1975-1978-1981-1982-1983-1985-1987-1988-1989-1993-1994-1996-1997-1999-2001-2002-2004-2005-2006-2007-2008-2010-2011-2012-2013-2014-2015-2017-2019-2021-2022-2023

 

 

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