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Feytit-Clinet

Pomerol, Bordeaux, France

Feytit-Clinet
Feytit-Clinet

Chemin de Feytit

33500 Pomerol

France

+33 (0)5 57 25 51 27

Château Feytit-Clinet, l’outsider devenu challenger sur Pomerol

Tout savoir sur Feytit-Clinet, grand vin de Pomerol

Longtemps géré par les établissements Jean-Pierre Moueix, le château Feytit-Clinet est devenu la propriété de la famille Chasseuil en 2000. Jérôme Chasseuil, œnologue de formation, reprend ainsi les rênes de ce Pomerol voisin de Clinet et de Latour à Pomerol, pour y produire sur 6,5 hectares (autant dire un « jardin ») des vins suaves sans manquer de caractère bien trempé. Doté d’un terroir à très fort potentiel, la propriété est passée en l’espace de 20 ans, du statut d’outsider à challenger de l’appellation.

L’émergence d’un vrai talent sur les terres de Pomerol.

Longtemps exploité en fermage par la famille Moueix, établissements Jean-Pierre Moueix propriétaire à Pomerol des célèbres châteaux La Fleur Pétrus, Trotanoy, Hosanna, Latour…, le château Feytit-Clinet est racheté à partir du millésime 1997 par la famille Chasseuil. Ce nom n’est pas inconnu dans le milieu du vin car le propriétaire de Feytit-Clinet, Jérémy Chasseuil, n’est autre que le fils du célèbre collectionneur français possédant la cave la plus prestigieuse au monde, à La Chapelle-Bâton dans les Deux-Sèvres, Michel-Jack Chasseuil.

Homme orchestre à la vigne comme au chai, Jérémy Chasseuil a très tôt été un élément pertinent de la jeune génération montante sur la célèbre appellation de la Rive Droite. Le personnage n’est pas novice en la matière puisqu’il avait déjà fait durant de longues années ses armes au château La Dominique à Saint-Emilion. Officiellement aux commandes de ce Pomerol aux mérites légitimes depuis 2000, c’est avec patience et perspicacité qu’il a réveillé, sur la partie ouest du plateau de Pomerol, l’âme de ce très bon terroir - « un peu endormi » avant la reprise - constitué de graves sur de superbes argiles. Remarqués par la critique, les flacons de Feytit-Clinet ont rapidement montré des signes qui ne trompent pas.

Ici, rien d’ostentatoire, que du fonctionnel au service du savoir-faire.

Nous sommes à Pomerol, l’appellation prestigieuse qui joue pourtant, depuis des lustres une discrétion délicieuse car le « tape à l’œil » n’est pas du ressort de l’appellation. On ne s’étonnera donc pas de ne pas voir un château spectaculaire, ni un chai dernier cri construit par un architecte célèbre avec un florilège d’innovations technologiques. Feytit-Clinet est tout sauf cela. Mais cela n’a pas empêché Jérémy Chasseuil d’hisser la propriété parmi les plus prometteuses de l’appellation. Jérémy a préféré tout consacrer au travail de son vignoble car, en bon sens « paysan », c’est de là que tout commence pour faire de grands vins à partir de beaux raisins. Sur une aussi petite surface, Jérémy considère son travail plus comme celui d’un jardinier. Car 6,5 hectares, c’est tout à la fois un vignoble à taille humaine – si on le compare aux immensités des vignes des propriétés médocaines – mais c’est aussi une dimension non négligeable ramenée à l’échelle des propriétés de Pomerol. Sur l’appellation du seigneur « Merlot », là où d’ordinaire les propriétés n’excèdent guère les 3 hectares, Feytit-Clinet apparaît comme un « grand jardin anglais ». Cette surface de jeu d’un seul tenant autorise son propriétaire à nous concocter, à partir de vignes âgées d’une quarantaine d’années, des flacons pointilleux et vinifiés avec intelligence.

L’esprit de Feytit-Clinet réveillé.

2000 est le millésime où tout commence pour Jérémy Chasseuil. Une année magique avec ses trois zéros et de surcroît, de grande qualité qu’il vinifiera lui-même. Feytit-Clinet est une affaire que l’on pourrait qualifier de « familiale ». Partiellement propriété de son père, Michel-Jack Chasseuil depuis les années 80 – l’autre appartenant par héritage, à la ville de Bordeaux – c’est donc en 1997 que le château et son vignoble deviennent totalement un bien des Chasseuil, par rachat à ladite ville. L’aventure peut alors commencer. L’objectif est on ne peut plus clair : recréer l’identité profonde de ce vignoble à fort potentiel avec pour challenge de l’extirper d’un injuste anonymat ; autrement dit, lui redonner une réputation qualitative qu’il mérite.

La tâche n’est jamais aisée surtout par les temps qui courent avec des cycles de crises en guise d’épée de Damoclès. Mais Jérémy a pourtant misé juste : investir à Pomerol, là où le foncier ne semble pas connaître la dévaluation. Et pour mener à bien son noble dessein, Jérémy observe avec pragmatisme, l’état de l’outil de travail et liste les besoins urgents au chai comme à la vigne. Ici, on va à l’essentiel sans se préoccuper des apparences, du paraître somme toute secondaires en viticulture de qualité. Ainsi, sur place, inutile d’exiger la vue d’un château avec des infrastructures aux allures de Versailles « aseptisé ». Longtemps en rénovation, mais très fonctionnelle à ce stade, la propriété – avec son adorable pigeonnier - est à l’image des propriétés greffées sur les 800 hectares de l’appellation. Tout est ici à taille humaine, à visage découvert et dans la plus totale transparence. Le reste, hormis l’exigence de qualité, reste bien secondaire.

Un vignoble aux caractéristiques atypiques pour des vins singuliers.

L’on pourrait s’étonner, en marchant dans les vignes de Feytit-Clinet, du type de sols du château. Si la réputation des vins de Pomerol trouve très souvent son explication dans sa célèbre matrice argileuse (tantôt blanche, tantôt grise, rouge voire bleue), Jérémy Chasseuil lui, doit construire un style de vin dont la puissance tannique n’est pas nécessairement le trait principal en bouche. Les sols gravelos-sableux sur matrice argileuse caractérisent Feytit-Clinet. C’est un superbe terroir sans aucun doute. La minéralité des vins qui ressort de manière flagrante des dégustations trouve-t-elle son origine dans cette caractéristique pédologique ? Oui, probablement ! Majoritairement complanté de Merlot à 90% et du célèbre Bouchet (le Cabernet Franc), les parcelles parfaitement drainantes sont sollicitées pour donner des vins équilibrés et qui attestent que la vigne, ici, ne souffre jamais d’un stress hydrique exacerbé. C’est là la magie de l’argile et des sols lourds et frais. Vignoble repensé en augmentant d’un côté la hauteur des vignes, la surface folière (dans le jargon), en diminuant de l’autre les rendements par une taille plus adaptée, des contre-ébourgeonnages, deux passages l’été en pratiquant les « vendanges en vert. » Tous ces soins prodigués à la vigne concourent à l’obtention de vins très soignés et qui ne manquent pas de personnalité ; un type de vin que l’on pourrait qualifier de puissant aromatiquement, de généreux et de délicat. La finesse du tramé en bouche est garantie ici par une vinification (remontage et pigeage tout en douceur, 4 à 5 semaines de cuvaison lentes) et un élevage très adapté à l’idée des vins qui naissent dans la tête de Jérémy. L’excès de bois qui a longtemps condamné dans les années 90 les vins à l’uniformité est ici, fort heureusement, interdit depuis le début de l’aventure.

Feytit-Clinet : des vins tout en profondeur et distinction.  

Jérémy Chasseuil a su hisser ses vins au niveau des valeurs sûres et incontournables de Pomerol. En fin observateur de la vigne et de ses besoins pour produire des grands raisins à destination de grands vins, son
travail a toujours consisté à accompagner son terroir pour produire des vrais Pomerol à la finesse incomparable, le tout à partir de vinifications judicieuses et toute en douceur. Feytit-Clinet produit bon an mal an
environ 2 000 caisses de vin. Les vins se distinguent par leur élégance, leur profondeur, leur fruité et leur potentiel de garde que beaucoup recherchent dans les vins même si depuis une vingtaine d’années, les vins de Bordeaux sont
devenus « buvables » de plus en plus tôt après leur mise en bouteille.

Château Feytit-Clinet 2023  

Sûrement l’un des meilleurs Pomerol en terme de rapport qualité-prix. Dans ce millésime. L’assemblage intègre 88% de Merlot et 12% de Cabernet Franc. D’une belle couleur profonde et intense, Feytit-Clinet 2023 offre un nez opulent, riche sur une matière première conséquente pleine de fraîcheur et d’éclat sur des expressions de cassis frais, de fruits à chair rouge et quelques notes pierreuses (minérales). La bouche est soyeuse, avec beaucoup de chair, un milieu de bouche veloutée, le tout soutenu par une belle acidité (la fraîcheur) dès l’attaque jusqu’à la finale. Le vin est long en fin de bouche. Tout y est. Mais laissons le temps l’assagir un peu !

Château Feytit-Clinet 2020 

Le millésime 2020 est l’un des millésimes majeurs dans tout le bordelais, au même rang que les 2018, 2019 et 2022. Feytit-Clinet 2020 reflète bien le choix pertinent des dates de vendanges (juste avant et après les pluies, précipitations rencontrées le troisième week-end de septembre). La date de récolte est toujours le point clé dans la réussite des futurs vins. Comprenons bien qu’avant la pluie, les Merlot étaient plus aromatiques, plus fins, plus structurés pour les Cabernet Franc. Les raisins ramassés après les précipitations ont au contraire, mais offrant un excellent complément de style, des raisins avec plus de fraîcheur, plus d’entrain, plus d’énergie et plus d’onctuosité dans une certaine mesure. Le résultat est un vin gourmand, très frais, très aromatique avec des expressions sensuelles sur les épices. La bouche a du volume, de l’onctuosité sur des tanins à la fois bien gainés et enrobés. Un beau Pomerol de garde qui n’est pas sans rappeler le style du Feytit-Clinet 2016, de l’avis de Jérémy Chasseuil, mais jouant plus sur l’aromatique.

Les grands millésimes de Feytit-Clinet :

1998-2000-2005-2008-2009-2010-2012-2015-2016-2018-2019-2020-2022- 2023

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