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Saint-Julien, Bordeaux, France
France
En plein cœur de l’appellation Saint-Julien, l’emblématique Léoville Las Cases est l’un des trois châteaux à porter le nom de Léoville que compte l’appellation. Plus vaste propriété parmi les trois Léoville, le château est aussi l’un des plus anciens du Médoc puisque l’on y cultivait déjà la vigne dès le 17ème siècle. Son clos viticole, voisin des châteaux Latour et de Pichon Comtesse, fait naître de ce terroir en bordure d’estuaire, des vins parmi les plus recherchés à l’international, dans la famille des « supers seconds » du Médoc. Léoville Las Cases appartient à la même famille depuis la fin du 19ème siècle que représente aujourd’hui Jean-Hubert Delon et ses enfants.
Sur la départementale D2, la fameuse route des châteaux des crus classés de 1855, Léoville Las Cases est reconnaissable par son portail de pierre surmonté d’un lion, figure animale emblème de la propriété jusque sur les étiquettes. Ce portail en bord de route « cache » un clos de 55 hectares entouré d’un mur de pierre délimitant son terroir, et qui va du bourg de Saint-Julien jusqu’au célèbre voisin, le château Latour.
Léoville Las Cases fait partie des plus anciennes propriétés du Médoc. La notoriété de l’ancien « Mont Moytié » et de ses vins est due dès le XVII ème siècle à Blaise Alexandre de Gasq qui fit de ce domaine, la plus grande propriété du Médoc avec 300 hectares de vignes. A cette époque, la notoriété des vins du « domaine de Léoville » résidait dans la diversité des sols du cru avec des superpositions successives d’argile et calcaire. Les vins du domaine de Léoville étaient parmi les plus chers de la Rive Gauche puisque leurs tarifs côtoyaient ceux des châteaux voisins tel Latour et Lafite. Puis, le domaine sera divisé en trois après 1789, soit après la Révolution française entre 1826 et 1840. Les héritiers Las Cazes reprendront le plus gros du vignoble avec 97 hectares de vignes qu’ils baptiseront à leur nom et les deux autres « Léoville », soit Poyferré et Barton feront la même chose avec les parcelles voisines.
Ces trois propriétés seront d’ailleurs, un demi-siècle plus tard, toutes retenues dans le classement impérial de 1855 en occupant le classement en tant que seconds crus classés.
A l’origine, les trois domaines (Léoville Las Cases, Léoville Barton et Léoville Poyferré) appartenaient à un même propriétaire, la famille Moytie. Peu avant la Révolution la fille Moytie épouse Blaise Alexandre de Gascq, un parlementaire bordelais également propriétaire de la seigneurie de Léoville située en Charente. En 1826 le domaine est divisé : un quart est racheté par Hugh Barton déjà propriétaire du Château Langoa, le reste revenant à Jean de Las Cases. Quelques années plus tard la fille de ce dernier épouse le baron de Poyferré et lui apporte en dot une partie de la propriété. Mais le domaine de Léoville-Las Cases se trouve bien distinct des deux autres et va entamer à ce moment là, son ascension médiatique.
A partir de 1900, le marquis de Las Cases vend sa propriété à une société civile qui la confie en gestion à Théophile Skawinski, un viticulteur réputé de l’époque. Ses descendants veilleront longtemps aux destinées du domaine, entretenant sans cesse sa réputation d’excellence.
Depuis la fin du 19ᵉ siècle, Léoville Las Cases appartient au Delon, et est géré par la même famille représentée actuellement par Jean-Hubert Delon et sa sœur Geneviève d’Aton. La propriété se transmet donc de génération en génération pour assurer la continuité de la politique d’excellence du château qui, produit, millésime après millésime, des vins d’une élégance et d’une finesse remarquables.
Les Domaines Delon (qui gèrent Léoville Las Cases) possèdent aussi deux autres belles propriétés dont les vins sont très appréciés par le négoce bordelais et sur les marchés internationaux. Le premier est situé au Nord-Médoc, le château Potensac, cru bourgeois en appellation Médoc, 61 hectares près de l’estuaire de la Gironde. Dans la famille Delon, reçu de la grand-mère paternelle de Jean-Hubert Delon, cette propriété offre des vins d’une grande régularité. Le second, acheté en 1997 par Jean-Hubert Delon à ses cousins, la famille Despujol, est situé à Pomerol, le château Nenin et ses 8 hectares.
S’étendant du village de Saint-Julien-Beychevelle jusqu’à Pauillac, les parcelles du château Léoville Las Cases se déploient sur 55 hectares. La complexité du vignoble de Léoville Las Cases – et ce qui donne un style inimitable à ses célèbres vins - réside dans sa diversité : des graves profondes du Quaternaire avec des sous-sols gravelo-sableux et graveleux-argileux sur le secteur de Saint-Julien. Dû à sa proximité avec l’estuaire de la Gironde (qui lui apporte un micro-climat qui le protège les parcelles contre le gel printanier et favorise la parfaite maturité des raisins facilitée par ces sols chauds), d'autres argiles plus compactes sont présentes complétant une diversité déjà importante de sols. L'encépagement de ce vignoble âgé d’environ 50 ans, se compose principalement de Cabernet Sauvignon (61%), puis de Merlot (21%) et de Cabernet Franc à (16%). Une parcelle de toute beauté retient l’attention. La parcelle dite du « grand clos » uniquement consacrée à l’élaboration du Grand Vin. Cette parcelle est protégée par de longs murs qui jouxtent le château Latour et clairement délimitée par un portal orné du lion, l’emblème de la propriété. Les autres parcelles de la propriété sont travaillées pour le « clos du marquis », célèbre autre vin de Léoville Las Cases en Saint-Julien, qui fut longtemps considéré (à tort ou à raison) comme le second vin de Léoville Las Cases, Clos du Marquis a la particularité d’avoir des parcelles non classées. Mais qu’importe ! Ce vin a le caractère des très grands. Le second vin en réalité est le Petit Lion du Marquis de Las Cases.
Les vins de Léoville Las Cases ne faillissent pas à leur réputation qui s’est construite plus de trois siècles en arrière. Jean-Hubert Delon n’a jamais cesser de prodiguer à ses parcelles toute l’attention et l’analyse requises pour vinifier et élever des vins d’une régularité exemplaire et qui racontent une véritable histoire : celle du lieu où ces vins naissent. Les vins de la propriété sont d’un très grand et haut niveau au point que le château est à juste titre qualifié par la profession et la presse spécialisée de « super second », rejoignant depuis longtemps cette famille de vin dont le terroir, bien que classé en Second Cru Classé de 1855, ont à bien des égards, autant de qualité et de mérite que ceux classés en Premiers Crus Classés de 1855. Aussi Léoville Las Cases rejoint-il les châteaux Montrose, Ducru-Beaucaillou, Pichon Baron et Pichon Comtesse dans ce cercle très fermé des vins du Médoc à « terroir assimilés à celui des Premiers. »
Dans cette quête constante d’une qualité sans compromis, Léoville Las Cases nous gratifie de vins à forte personnalité et dépeignant avec justesse la complexité de son terroir. Ainsi, château Léoville Las Cases (second cru classé de Saint-Julien) et Clos du Marquis, l’autre vin à part entière issu d’un petit clos, séparé du « grand clos » ravissent l’exigence des dégustateurs les plus raffinés. Ces deux vins brillent toujours par leur complexité aromatique d’une grande fraîcheur et des bouches structurées avec finesse sans manquer de poids de vin, faisant souvent penser aux meilleurs crus de Pauillac (d’ordinaire plus séveux, plus musclés, plus puissants).
Le Grand Vin du château Léoville Las Cases est racé, fabuleux, longiligne, profond, intense, et d’une longueur époustouflante dans les grandes années à Cabernets tout en ne déméritant en rien, bien au contraire, dans des millésimes plus classiques, voire plus difficiles. Le grand terroir combiné à l’expérience et au savoir-faire d’équipes rompues aux difficultés éventuelles compensent toujours les pièges imposés par la nature. Comme dans les crus de ce niveau de qualité, aucun millésime n’est raté. Léoville Las Cases n’est jamais décevant. Le Grand Vin, l’un des plus beaux modèles du genre dans la catégorie des « supers seconds » est sublime, transcende les Cabernet Sauvignon et les Cabernet Franc et peut parfois nous rapprocher des plus grands Pauillac, dans le style. Mais le Grand Vin reste un Saint-Julien, c’est-à-dire, un parfait ambassadeur de l’élégance et du raffinement que les meilleures parcelles de cette appellation sont capables de garantir.
Le Clos du Marquis produit dans son air de production spécifique – et dont les parcelles, précisons-le une fois de plus, ne sont pas classées – possède tout le caractère des meilleurs Saint-Julien à dominante de Cabernet Sauvignon. Ce vin est presque légendaire par ses qualités. Il a été crée en 1902 (donc le premier millésime) et ses vignes sont attenantes au château de Léoville Las Cases. Dès l’origine, il voulu avoir la vocation d’offrir la quintessence de terroirs différents du Grand Vin. Mission totalement accomplie !
Comme c’est un vin à part entière et qui n’a pas le statut de second vin, il a été convenu d’exploiter les plus jeunes vignes de ces parcelles pour doter le Clos du Marquis d’un second vin : La Petite Marquise. Cherchant l’harmonie, la délicatesse tout en étant très élégant, La Petite Marquise à dominante de Merlot est un vin à apprécier plus jeune que le Clos du Marquis. Ce vin est aussi un hommage, dit-on, à toutes les femmes qui ont participé à l’histoire du domaine au fil des siècles.
Enfin, Le Petit Lion du Marquis de Las Cases, le second vin officiel du domaine, est un vin qui fait écho à l’esprit du Grand Vin. Plus orienté sur le fruit avec une forte proportion de Merlot dans son assemblage, et issu de vignes plus jeunes (c’est le principe des seconds vins), ce vin joue sur le registre de la gourmandise, de l’harmonie et de la délicatesse tout en étant une porte d’entrée et une invitation à franchir le pas pour entrer ensuite dans l’univers du Grand Vin. C’est en 2007 que Jean-Hubert Delon décide de créer Le Petit Lion pour exploiter les parcelles qui ont été renouvelées après un arrachage de certaines parcelles au début des années 2000.
Les raisins ont été récoltés sur ces 60 hectares du Grand Clos entre le 18 septembre et le 10 octobre 2018. Avec une très grande proportion de Cabernet Sauvignon (80%), de 11% de Merlot et de 9% de Cabernet Franc, Léoville Las Cases 2018 offre un vin aux raisins d’une grande maturité qui ont bénéficié de conditions exceptionnelles, comme ce sera le cas en 2019 et en 2020. Le vin est charnu, opulent sans manquer de fraîcheur, puissant et longiligne en bouche sur un tramé tannique au grain fin des plus nobles et des plus sensuels. Le nez est dense, aromatique sur la myrtille et la mûre. Vin d’une belle fraîcheur (les Cabernets sont superbes et ont joué pleinement leur rôle pour équilibrer le vin), d’une grande finesse et d’un potentiel de garde très conséquent. Un vin avec beaucoup d’énergie. Grande classe !
Les raisins ont été ramassés entre le 6 septembre et le 5 octobre 2020. L’assemblage est à base de 61% de Cabernet Sauvignon, 33% de Merlot et de 6% de Cabernet Franc. La robe est profonde, presque encre noire bleutée. Le nez est très concentré sur des notes de havane, de mûre et de cassis, le tout dans une sensation de grande fraîcheur et de pureté aromatique. Le vin ne révèle pas tout et nous indique qu’il faudra se montrer patient pour le découvrir sous toutes ses coutures aromatiques pour en apprécier sa complexité déjà pressentie. La bouche est tramée avec élégance sur des tanins bien gainés et feutrés. Le vin est distingué, long en fin de bouche, sapide et gourmand avec un caractère mentholé et épicé. Un grand vin de Saint-Julien qu’il va falloir un peu oublier en cave.
25 hectares sont exploités pour la production du second vin, Le Petit Lion. Dans cet assemblage de 46% de Cabernet Sauvignon, 43% de Merlot et 11% de Cabernet Franc, Le Petit Lion du Marquis de Las Cases est un vin tout en fruit et gourmandise sur le fruit noir et de tapenade d’olives noires. Beaucoup de fraîcheur et d’amabilité nous ravissent dans ce vin plus souple que son aîné et plus accessible aussi. Mais le vin a tout de la typicité des grands Saint-Julien. A noter qu’à partir du millésime 2022, Le Petit Lion incorpore désormais les meilleures parcelles qui servent à élaborer le Clos du Marquis.
1928-1929-1945-1947-1949-1953-1955-1959-1961-1970-1975-1978-1981-1982-1983-1985-1986-1988-1989-1990-1996-2000-2003-2005-2009-2010-2015-2016-2018-2019-2020-2022