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Champagne- la vallée de la marne, France
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France
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La Maison Bollinger est l’une des plus anciennes maisons de la Champagne avec la possession de vignes dès le XVe siècle. Mais tout démarre réellement en tant que Maison de champagne dès 1829. Ainsi, d’Athanase de Villermont jusqu’à Joseph Bollinger, en passant par la charismatique Elisabeth Bollinger « Tante Lily », la maison Bollinger, fournisseur officiel de champagnes à la cour d’Angleterre depuis 1884, est sans aucun doute l’une des maisons les plus créatives et les plus remarquées par ses décisions de développement, son audace et son exposition jusqu’au cinéma dès 1973, en tant que champagne officiel du célébrissime héros de Ian Fleming, l’agent n° 007 : James Bond.

L’histoire de la Maison Bollinger, l’une des plus anciennes maisons champenoises, tire ses origines dès 1650. En cette année là, une famille, les Hennequin de Villermont, est installée au château de Cuis, un domaine situé au sud d’Epernay. Le domaine y possède déjà des vignes depuis le XVe siècle mais ces parcelles n’étaient alors pas destinées à produire l’effervescent champenois tel qu’on le connaît aujourd’hui. Il faudra attendre 1829 pour assister aux prémisses de la création de la maison mythique.
Tout commence avec Athanase de Villermont – aristocrate de l’époque – qui hérite d’un vaste domaine dans les alentours d’Aÿ. Mais ce dernier, alors promu amiral lors de la guerre d’Indépendance des Etats-Unis, ne peut absolument pas se lancer dans le commerce, une activité jugée incompatible avec son rang. Pour contourner cette difficulté, ce dernier va avoir l’idée de s’associer à deux ex-représentants (à l’esprit très entrepreneurial) d’une maison de champagne. Il s’agit de Paul-Joseph Renaudin et de Joseph Jacob Bollinger, dit « Jacques Bollinger ». L’un est champenois passionné de vins quand l’autre, d’origine allemande, est un voyageur qui cherche à découvrir le commerce des vins de Champagne en décidant de s’établir en Champagne. Naît alors Renaud-Bollinger & Cie. Très vite, les affaires entre les trois hommes deviennent prospères.
Quelques années plus tard, en 1837, Jacques Bollinger épouse Louise-Charlotte, la fille de l’amiral de Villermont donnant à la maison une toute nouvelle dimension. De la solidité de ces liens familiaux découlera une belle notoriété dans les décennies qui suivront chaque génération se transmettant les secrets de fabrication et de conservation des techniques du passé. C’est à cette occasion que le style unique de Bollinger, caractérisé par une recherche d’exigence et de constante perfection, va s’imposer au travers de cette saga Bollinger.
Le champagne Bollinger s’est aussi très vite fait remarquer sur le marché du Royaume-Uni. A tel point que la Maison de champagne va ouvrir dès 1850, un bureau de vente à Londres. Puis en 1858, Bollinger va s’associer avec un distributeur, la société Mentzendorff (qu’elle rachètera en 1958).
En 1884, la reine Victoria adoube la marque et lui accorde le précieux sésame, le « Royal Warrent » faisant de Bollinger l’un des fournisseurs officiels de la cour. Il est à noter que le Royaume-Uni reste le premier consommateur des champagnes Bollinger avec 30% des ventes réalisées contre 14% pour la France par exemple.
Bollinger est aussi marqué par l’audace de l’épouse de Jacques Bollinger (petit-fils du fondateur). Il s’agit d’Elisabeth Law de Lauriston-Boubers. Descendante d’une vieille famille écossaise, « Tante Lily » comme on la surnomme, a 42 ans lorsqu’elle doit reprendre l’entreprise au décès de son mari en 1941. Sous sa gestion, Bollinger va se développer bien plus à l’international grâce à des tournées commerciales qu’elle entreprend notamment aux Etats-Unis pour installer la marque Bollinger. Elisabeth Bollinger lancera de nouveaux champagnes haut de gamme à l’instar de Bollinger R.D. ou encore la cuvée « Vieilles Vignes françaises » issue d’une micro parcelle de vignes « franc de pied », pré-phylloxériques : un véritable trésor. « Madame Jacques » a également révolutionné le style de Bollinger en privilégiant de travailler le Pinot Noir au lieu du Chardonnay (cépage de base de la plupart des Maisons de Champagne à cette époque). Autre audace et innovation à son crédit, le champagne faiblement dosé à une époque où les champagnes « extra-brut » ou « extra-sec », autrement dit « faiblement dosé » n’existaient pas ou n’étaient pas du tout du goût des consommateurs. En effet, « Tante Lily » préférait le champagne moins sucré quand beaucoup de maisons de champagne au début du XXe siècle pratiquaient allègrement des dosages jusqu’à 40 grammes par litre, des dosages très élevés qui contribuaient à masquer les éventuelles imperfections du vin. Mais pour la Maison Bollinger, dont les raisins sont d’une extrême qualité puisque totalement contrôlés à toutes les étapes (les parcelles lui appartenant), il n’est pas utile de doser les champagnes à de tels niveaux. Ce que Madame Bollinger recherche, au-delà de ses propres goûts personnels, c’est l’équilibre, la fraîcheur de ses champagnes. Ce sera donc un dosage à 12 grammes de sucre par litre et non le double ou le triple comme chez d’autres maisons. Aujourd’hui, alors que progresse doucement la « mode » des « zéro dosage », Bollinger n’utilise plus que 7 grammes par litre dans ses dosages, ce qui fait que Bollinger dose moins que la plupart des Maisons de Champagne.
Mais l’audace et la vision de « Tante Lily » ne s’arrêtent pas là. Alors qu’il était plus rentable de privilégier la polyculture (vignes, blé…), Elisabeth Bollinger a très vite compris que la force d’une maison de champagne était de s’approvisionner facilement en possédant ses propres parcelles, jouant la carte de la quasi totale indépendance. Si Bollinger possède à ce jour plus de 170 hectares, la Maison Bollinger le doit assurément à Elisabeth Bollinger.

Les champagnes Bollinger ont toujours été dirigés d’une main de maître par des visionnaires à part, d’Elisabeth Bollinger à Ghislain de Montgolfier. Ce sont eux, au travers de leurs décisions commerciales et techniques, qui en ont fait une maison unique. Ainsi, Bollinger est souvent précédé de la mention « première maison de Champagne ». C’est le premier vignoble de négoce en France à avoir la certification Haute Valeur Environnementale – attestant de son engagement - et le premier en Champagne à avoir obtenu le label Entreprise du Patrimoine Vivant : label qui distingue les savoir-faire artisanaux d’excellence.
Ce qui semble donc caractériser au mieux Bollinger, c’est cette capacité à prendre des décisions courageuses et souvent osées. La célèbre maison s’intéressera ainsi très rapidement à l’expansion à l’étranger : une stratégie payante puisqu’elle deviendra fournisseur officiel de la cour d’Angleterre dès 1884. La dernière démarche audacieuse en date fut le choix de Jérôme Philipon à la tête de la maison depuis 2007 (en remplacement de Ghislain de Montgolfier, l’arrière-arrière-petit-fils du fondateur Jacques Joseph Bollinger), brisant ainsi l’héritage familial en place depuis sa fondation. Une remise en question constante qui vise à conjuguer savoir-faire artisanal et technologies innovantes pour conserver son statut inégalable.
Fin 2019, Jérôme Philipon quitte la société Jacques Bollinger. Celui-ci avait été nommé en janvier 2017 directeur général adjoint aux côtés d’Etienne Bizot qui devient donc le nouveau Président de Bollinger et de la société Jacques Bollinger. Par ailleurs, c’est désormais Charles Armand de Belenet qui veille à la destinée de Bollinger dont la société éponyme (SJB ou Société Jacques Bollinger) regroupe également une autre maison de Champagne, Ayala (rachetée par Bollinger en 2005) ainsi que la maison de Cognac Delamain, Langlois-château dans la Loire et enfin le domaine Chanson Père & Fils en Bourgogne (à Chablis).
Avec ses 164 hectares composés principalement de Grands et Premiers crus, Bollinger est l’une des rares maisons à produire la majorité des raisins utiles à ses assemblages, exploitant donc plus de 60% du vignoble dont » elle a besoin. C’est réellement une situation exceptionnelle pour la Champagne garantissant à Bollinger une sorte de pérennité pour la qualité de son style de champagne. Idem quant à la sélection des crus se faisant dans une exigence sans compromis. Bollinger s’approvisionne à plus de 80% en Grands et Premiers Crus (cela ne représente que 20% du nombre de crus de l’appellation). De cette sélection drastique de raisins n’est utilisée alors que « la cuvée » (la première presse) pour obtenir un champagne d’exception. Bollinger se façonne aussi des assemblages exceptionnels grâce à une remarquable collection de magnums « de réserve ». A ce titre, elle en compte près de 600 000, ce qui en fait la seule maison avec une telle diversité de palette aromatique. Mais c’est d’abord le processus de vinification dans son ensemble qui est singulier : des remuages des bouteilles encore à la main, un bouchage liège des magnums de réserve et des cuvées millésimées, un vieillissement en tonneaux (une tradition ancestrale que peu de maisons de Champagne ont pu ou voulu conservé) et un tonnelier à domicile. Tout ceci constitue une exigence constante pour produire des champagnes d’exception. Bollinger travaille également selon ses envies, n’hésitant pas à utiliser un temps de vieillissement deux fois supérieur aux règles imposées par l’appellation. Le but : exprimer pleinement la personnalité de ses vins.

Parmi tous les champagnes signés Bollinger, il en est un dont la disponibilité est toujours très scrutée et très attendu. C’est le cas de la cuvée unique, la célébrissime R.D.
Le champagne Bollinger R.D., le préféré de James Bond dit-on, représente le nec plus ultra de Bollinger. Pour comprendre en quoi ce champagne est unique, il suffit de garder en mémoire le contexte historique et technique de cette cuvée très singulière se nourrissant de la patience, de l’art de cultiver le temps.
La cuvée est étroitement associée à l’iconique Madame Bollinger. C’est elle qui en 1952, a initié cette spectaculaire innovation en créant en quelque sorte un champagne d’éternité. Le temps est en effet la clé des grands champagnes (comme des grands vins en général) puisqu’il prolonge et achève en cave ce que le terroir a pu offrir de mieux, interprété avec brio par l’œnologue qui a magnifié le terroir. Pour cela, chez Bollinger, on procède à une sélection très exigeante réalisée au sein des cuvées constituant La Grande Année Bollinger (autre cuvée mythique) afin d’en extraire les meilleurs lots pour élaborer le millésime qui fera partie de l’unique liste des R.D.
Prenons le cas de la cuvée R.D. 2002 mise à disposition en 2014. Selon Jérôme Philippon – qui fut Président de la maison Bollinger jusqu’en 2019 -, l’année 2014 fut l’année du R.D. pour Bollinger, venant après la cuvée James Bond en 2012 et le rosé en 2013. En effet, la cuvée RD 2002 (après 12 ans de vieillissement dans les caves Bollinger) avait attiré les regards lors de sa mise à disposition sur le marché en mars 2014. Si le 1997 possédait un stock limité, le 1999 avait orienté la production vers des grands formats uniquement alors que le 2000 ne fut commercialisé qu’en jéroboams pour garantir un vieillissement optimal à ce vin déjà très mûr. Mais le 25 mars 2014, Bollinger avait beaucoup communiqué sur le lancement du RD 2002, jouissant cette fois-ci, d’un stock conséquent avec une qualité toujours au rendez-vous, parfaitement constante pour ce champagne admiré pour sa grande fraîcheur et son bon potentiel de garde.
Avec ce millésime, Bollinger fêtait aussi les 50 ans de la cuvée R.D. Petit rappel : en effet, en 1967, la maison lance ce vin hors norme aux quatre coins du monde. On dégustera alors du 1952 au Royaume-Uni, du 1953 en Suisse et du 1955 aux Etats-Unis et en Italie. A cette époque, cela signe l’avènement de Bollinger sur la scène internationale et concurrence les cuvées prestige des autres maisons, très en vogue à l’époque. Mais pourquoi R.D. ? RD signifie tout simplement « Récemment Dégorgé » et contient donc un vieux millésime dégorgé et dosé comme un extra brut : c’est ce procédé singulier qui apporte à ce champagne une fraîcheur exceptionnelle et beaucoup de tension au nez comme en bouche.

Ce champagne d’exception, audacieux mélange de fraîcheur et de complexité, rend hommage aux valeurs propres de l’ADN de la maison. En premier lieu, le facteur temps : nécessaire pour délivrer une cuvée exceptionnelle et en découvrir toute la richesse aromatique. Ensuite, celui de la rareté : représentée par une réserve limitée de bouteilles gravées à la main pour un moment rare de dégustation. Enfin, la créativité et l’audace de cette cuvée innovante pour l’époque. Composé de 64% de Pinot Noir et de 40% de Chardonnay, cette cuvée RD 2002 de la maison de Champagne Bollinger représente l’un des millésimes les plus prometteurs de la dernière décennie. Avec un temps de maturation plus de trois fois supérieur aux règles de l’appellation et un vieillissement sur lies, il séduit à la fois par sa fraîcheur et ses arômes représentatifs des champagnes de grande garde.
Avec sa robe dorée aux reflets subtils, laissant place à un bouquet aromatique dominé par des arômes de fruits mûrs, le RD 2002 est un délicieux mélange de complexité et subtilité. On décèle des notes de miel et de fruits compotés ainsi que des touches grillées et épicées (badiane et noix de muscade). En bouche, l’attaque est charnue et trouve son équilibre entre puissance et belle persistance. La finale est minérale et révèle de beaux amers.

La Grande Année, Cuvée Prestige de Bollinger n’est élaboré qu’à l’occasion d’années jugées « exceptionnelles », singulières et véritablement extraordinaires. « La Grande Année » a pour mission de retraduire dans les verres les particularités des vendanges qui méritent d’être vraiment mises en bouteille, dans la lignée des millésimes marquants de Bollinger. La Grande Année est un champagne mêlant une vinosité équilibrée sur des arômes intenses et complexes. Son assemblage est unique issu des raisins en Grands Crus et Premiers Crus. Côté vinification, La Grande Année est exclusivement élaborée en petits fûts de chêne ancien, un fait très rare en Champagne quand beaucoup d’autres le font à partir de cuves inox. Cette façon de faire propre à Bollinger permet une sélection plus rigoureuse et va préserver le vin des tannins et du goût de bois. Ainsi, la complexité aromatique et le potentiel de vieillissement du vin vont être garantis. Pour la phase de vieillissement, les bouteilles vieillissent en cave pendant 6 mois sous bouchage en liège (pour maintenir la fraîcheur) afin de permettre aux arômes de préserver tout leur bouquet et leur fraîcheur (leur netteté aromatique). Par la suite, La Grande Année va bénéficier d’un faible dosage (liqueur de dosage) suivi d’un repos de 3 mois en cave pour que le vin maintienne son équilibre après un dégorgement qui est un choc momentané pour le champagne.
La Grande Année 2002 est issu d’une année chaude quoique peu ensoleillée in fine dans sa globalité si l’on s’en tient aux fortes pluies enregistrées notamment fin août. L’année, marqué par des bilans hydriques bas et un botrytis très vite contenu pour laisser la maturation des raisins se faire dans de bonnes conditions, se solde in fine par un millésime jugé apte à élaborer « La Grande Année. »
La Grande Année 2002 présente un cordon de bulles fines dans une robe vieil or légèrement rosé au niveau de la teinte, signifiant une évolution du vin normale. Le nez est généreux, subtil sur des parfums de fruits eau-de-vie avec quelques nuances de rhubarbe et d’épices séduisantes. La bouche est précise avec une belle tension et beaucoup de fraîcheur. Le milieu de bouche est légèrement crémeux avec quelques accents iodés, une expression gustative sur des notes exotiques et une finale de belle tenue. Un champagne taillé pour la garde dans la lignée des 1999, 1996, 1995 et 1990.
Le Rosé de Bollinger, rosé de gastronomie par définition tout en étant désaltérant, provient d’un assemblage de jus rouges issus à plus de 85% de parcelles en Grands crus spécialement consacrées pour son élaboration. Petite particularité : ce champagne rosé est l’association de seulement 5% de ce vin à l’assemblage de « Spécial Cuvée. » Il est aussi issu d’une viticulture et d’une vinification identiques à celles pratiquées en Bourgogne. En effet, la vendange en vert y est pratiquée pour permettre de réduire la quantité de raisin favorisant l’obtention d’un fruit optimal très riche en arôme. La vendange est entièrement réalisée à la main, puis sur table avant pressurage, puis une pré-macération fermentaire à basse température. L’assemblage est basé sur l’utilisation de deux vendanges, fermentées soit en petites cuves inox, soit en tonneaux de chêne ancien. Le dosage est très équilibré. Autre spécificité de Bollinger pour son rosé, son temps de maturation, qui contrairement aux règles de l’appellation, est plus de deux fois supérieur. Vient ensuite le dégorgement, puis la phase finale du repos en cave entre 3 et 6 mois.
Ce rosé de Champagne est à la fois précis et puissant, d’où sa parfaite tenue et adéquation en gastronomie. Le Bollinger Rosé possède des reflets mordorés mélangés à l’intense profondeur caractérisée par le vin rouge. Au nez, ce champagne rosé nous offre des parfums de fruits rouges (groseille, cerise, framboise, voire fraise). L’évolution du nez présente des accents d’épices que l’on retrouve dans « Spécial Cuvée. » En bouche, Bollinger rosé est à la fois un champagne structuré (trame tannique élégante) avec une belle fraîcheur acide et des arômes gourmands de fruits rouges. En somme, un champagne rosé joyeux, complet et qui appelle par son équilibre, un autre verre après le premier verre.
1900-1928-1937-1943-1945-1947-1953-1959-1962-1969-1970-1975-1978-1979-1982-1983-1985-1988-1989-1990-1996-1997-1998-1999-2002-2008 -2012-2015-2016-2018-2019
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