C'est au VIIIème siècle que le moine breton Emilianus installe son ermitage dans la région bordelaise. Il sera rejoint par ses disciples et ensemble ils créeront ce village auquel il donna son nom : Saint-Émilion. Un territoire qui a un grand passé viticole, des vignes y étant plantées depuis l'époque romaine. À la veille de la révolution, le Libournais est caractérisé par de petites unités d'exploitations. Un phénomène qui freine alors l'émergence des grandes propriétés et explique le morcellement actuel de la zone. Il faudra attendre le XVIIIème siècle pour voir arriver une première génération de véritables châteaux. Le commerce des vins y est florissant, il survivra notamment aux guerres napoléoniennes. En 1884, l'aire de production voit la création du premier syndicat viticole de France. Une initiative qui prouve une fois de plus la mentalité moderne de l'appellation.
En effet, il y a à Saint-Émilion une envie de progrès, d'évolution. En 1950, pour la première fois au monde, on y instaure un contrôle de qualité par la dégustation afin de garantir au mieux la qualité des vins. L'appellation est synonyme de recherche permanente du progrès qualitatif. Un audit de l'outil de production — vignoble et chai — est réalisé tous les cinq ans et les vins sont contrôlés chaque année au moment de leur conditionnement.
À 40 kilomètres au nord de Bordeaux, les appellations Saint-Émilion et Saint-Émilion Grand Cru s'étendent sur 9 communes. Ces 5 500 hectares de vignes bénéficient de quatre différents types de sols. On trouve un plateau calcaire aux alentours de la cité, une vaste terrasse de graves silico-argileuse en direction de Libourne, des côtes et vallons argilo-calcaires, et une plaine sablo-graveleuse. Saint-Émilion Grand Cru est réputée pour sa production de vins de légende — Cheval Blanc, Ausone, Figeac ou Angélus. Ils profitent d'un microclimat conjuguant l'influence océanique et celle de deux cours d'eau, la Dordogne et la Barbanne. Une appellation hiérarchisée depuis 1955 en grands crus classés et grands crus classés A et B, dont le classement est révisé tous les dix ans.
Plus à l'est, on découvre l'appellation Lussac Saint-Émilion. Situés sur la commune de Lussac, ces 1 500 hectares sont formés de vallons et plateaux. Le plateau calcaire, au centre, est recouvert d'une fine couche de sables du Périgord. Alors que le sud de la zone de production se compose majoritairement de coteaux argilo-calcaires, le nord penche vers une dominante argilo-limoneuse. Enfin, plus confidentielle, l'appellation Puisseguin Saint-Émilion. Du haut de ses 750 hectares, elle puise la complexité de ses vins dans ses sols argilo-calcaires aux zones d'alluvions graveleuses.
Qu'ils soient de Saint-Émilion, Saint-Émilion Grand Cru, Lussac Saint-Émilion ou Puisseguin Saint-Émilion, ces vins possèdent tous un magnifique potentiel de garde. Leur bouquet aromatique est puissant et viril. On y décèle de subtiles notes de fruits rouges frais, d'épices et de torréfaction. En bouche, l'attaque est franche et la matière puissante. Robustes et fins à la fois, ils partagent une texture veloutée et une longue finale.
Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1999, la juridiction de Saint-Émilion est l'une des destinations oenotouristiques les plus visitées au monde. Son village médiéval, ses caves troglodytiques, son église monolithe et ses vignobles classés font de cette appellation bien plus qu'une simple zone de production — c'est un territoire culturel et gastronomique d'exception. Pour les importateurs et les cavistes du monde entier, Saint-Émilion est l'une des appellations bordelaises les plus porteuses commercialement, bénéficiant d'une notoriété internationale comparable à celle de Pauillac et de Margaux.
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